|
Reste
à savoir si, comme les moines byzantins du VIIe siècle
ou comme les avant-gardes russes des années 1920, les artistes
présents sur les sites web en Russie sont aujourd'hui à
la recherche d'une nouvelle forme de figuration, où le naturalisme
devrait être dépassé au profit d'un mode de
représentation plus élevé. A vrai dire, il
est difficile d'arriver à cette conclusion après avoir
balayé du regard quelques sites russes consacrés à
l'art. En revanche, oui, de nouveaux langages apparaissent en Russie
comme ailleurs sur le Net. Comme le souligne le web designer russe
Alexeï Shulgin (voir interview),
"sur l'Internet, le langage Pop est LA langue utilisée".
Elle se compose essentiellement de vieilles images mêlées
à de nouvelles, souvent venues d'ailleurs. En ce sens, les
travaux de trois artistes présents sur le web russe nous
ont semblé caractéristiques de divers degrés
d'influence de l'icône.
- Elle : graphisme web d'inspiration directement religieuse, présence
de croix orthodoxe, portraits de face sans relief, silhouette filiformes
Pour voir : http://art.gothic.ru/main_e.htm
- Valery Barikyin : un artiste originaire de Nijni-Novgorod, l'un
des berceaux de l'orthodoxie russe. Dans son uvre se mêlent
les influences de Mucha, Léger, Picasso, de la BD et probablement
des icônes (finesse des membres, impression d'apesanteur d'objets
représentés sur un fond doré
).
Pour voir : http://art.gothic.ru/paint/valeriy/index_e.htm
- Andrew Polushkin : de loin le plus pop, ce "digital artist"
âgé d'à peine trente ans vit à Saint-Petersbourg
et s'intéresse aux "mythes", aux "rêves
ésotériques" et aux "expériences
hallucinatoires" nées des "drug-trips". Un
travail assez pléthorique depuis dix ans, dont l'aspect le
moins surpenant n'est pas cette impressionnante série d'icônes
virgino-érotiques replacées dans un contexte western.
Là, - et ça devient carrément subtil -, on
retrouve aussi aussi la réinterprétation des mains
de la Vierge qu'avait su introduire Nijinsky dans ses chorégraphies
des années 1910.
Pour voir : http://www.internationaldigitalart.com/guests/Art9/
En bref, un joyeux "fatras" plus ou moins "figuratif",
comme aurait pu l'écrire Malévitch, et dans lequel
l'icône orthodoxe a su, parmi d'autres, trouver sa place.
|