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Kasimir
Malévitch (1878-1937), peintre russe qui, pour être
né à Kiev, savait ce qu'il devait à l'héritage
pictural orthodoxe, n'avait pas une autre conception de l'icône.
Pour lui, celle-ci était l'une des voies à partir
desquelles il comptait se diriger vers " l'apparition d'un
nouveau site, d'une image essentielle débarassée du
fatras figuratif ". Certes, la postérité ne retient
souvent du peintre que son Carré blanc sur fond blanc (1918).
Mais on peut aussi se souvenir que dès les années
1910, Malévitch travaille, avec un certain nombre de ses
pairs (Natalia Gontcharova, Wassily Kandinsky en recherche de "
spirituel dans l'art "
) et contre l'école réaliste
des " Ambulants " qui fait alors autorité en Russie,
à l'élaboration d'une nouvelle peinture d'inspiration
" populaire ", qu'il entend aller chercher aux racines
du monde rural, imprégné de chrétienté.
" A travers l'art des icônes, je compris la portée
émotionnelle de l'art paysan ", écrit alors Malévitch.
L'influence de la peinture moderne produite au même moment
en France et en Allemagne (Cézanne, cubisme, courant des
Nabis
) attire aussi l'attention des nouveaux peintres russes
sur les formes à la fois géométriques et flottantes
des anciennes icônes. C'est donc à double titre que
celles-ci deviennent des sources d'inspiration. Aux Quatre évangélistes
peints par Natalia Gontcharova en 1912 répondent chez Malévitch
de très christiques Têtes de paysan ou des Autoportraits
tardifs dont la posture rappelle celle des Vierges iconiques.
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