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L'Eglise
orthodoxe russe est fondée en 988 à Kiev par le prince
Volodimyr. Dans les premières décennies, ce sont des
peintres iconographes grecs ou plus généralement byzantins
qui décorent les églises d'Ukraine et de Russie. Toutefois,
une école iconographe autonome se développe en Russie
dès le XIIe siècle. Au XIVe puis au XVe siècle,
elle atteint son apogée avec des peintres comme Théophane
le Grec, Andreï Roublev - dont Tarkovski a narré le
cheminement dans un film éponyme en 1969 -, ou encore Maître
Denis.
Pour l'artiste contemporain Sarkis, né à Istanbul
(l'ancienne Byzance) de parents arméniens et exposant actuellement
à Paris une série d'uvres très personnelles
qu'il a baptisées "Ikones", "le véritable
art iconographique commence justement en Russie au XVe siècle,
avec un peintre comme Roublev. En effet, il s'agit là du
premier moine iconographe qui, par la force de son tempérament,
arrive pleinement à faire vivre l'image et à produire
un face-à-face avec celui qui la regarde, à mettre
celui-ci face à l'expérience du divin".
En ce sens, poursuit-il, certaines
peintures contemporaines de Gerhard Richter, d'Andy Warhol ou certains
portraits de Mao Zé-Dong par le peintre Yan Pei Ming peuvent
eux aussi être considérés comme des icônes.
Quant à l'icône informatique désormais ancrée
dans notre quotidien, elle garde peut-être ce point commun
avec l'icône traditionnelle - et notamment avec l'icône
russe - de constituer un point de passage avec un autre lieu, un
autre " site ", un autre monde.
Pour voir La
Trinité, chef d'uvre d'Andrei Roublev, rendez-vous
sur iconofile.com
: un site très complet sur l'iconographie orthodoxe, basé
aux Etats-Unis et réalisé par un groupe international
de conservateurs de collections d'icônes.
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