les frontières :
  • Du réel au virtuel : état des lieux
  • Utopies originelles et web suspect
  • L'art du contournement
  • Le web, un "territoire relationnel"
  •  
    géopolitique de l'Internet :
  • Chronique du livre de Solveig Godeluck
  • Interview
  •  
    Liens et bibiliographie
  • références
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    Territoires virtuels et territoires "relationnels" :
    Sur la notion de "frontières" appliquée au cyberespace (2)
     


    Utopies originelles et web suspect

    Les éditions de l'Eclat présentent le texte de Hakim BeyAvec l'avènement des nouvelles technologies, un nouveau terrain d'expérimentation s'ouvre aux théoriciens et certains textes de la "cybercultur" commencent à se propager sur le réseau. En 1991, Hakim Bey publie un article sur les TAZ (Zone d'Autonomie Temporaire), texte qui sera repris par de nombreux sites dans la logique du copyleft et que les Editions de l'Eclat introduisent ainsi :

    "La TAZ (Temporary Autonomous Zone), ou Zone Autonome Temporaire, ne se définit pas. Des "Utopies pirates" du XVIIIe au réseau planétaire du XXIe siècle, elle se manifeste à qui sait la voir, "apparaissant-disparaissant" pour mieux échapper aux Arpenteurs de l'Etat. Elle occupe provisoirement un territoire, dans l'espace, le temps ou l'imaginaire, et se dissout dès lors qu'il est répertorié. La TAZ fuit les TAZs affichées, les espaces "concédés" à la liberté : elle prend d'assaut, et retourne à l'invisible."

    Plus récemment, les libertaires de l'EFF (cf John Perry Barlow, "Déclaration d'indépendance du cyberespace", 1996) et les libertariens en font le paradigme de leurs utopies supra-nationales ; pour eux le réseau constitue un espace déconnecté du monde réel où s'échafaude une société affranchie des normes et des contraintes politiques, juridiques ou simplement techniques.

     

    Mais que reste-t-il de ces utopies ? Avec la politique de fermetures des frontières mise en place dans l'ensembles des pays occidentaux - particulièrement depuis les attentats du 11 septembre - et la rigoureuse lutte contre la cybercriminalité qui s'en est immédiatement suivie, le réseau a connu une série de mesures de plus en plus précises qui risquent d'attenter à sa liberté initiale. Sur ce thème, l'ouvrage de Solweig Godeluck (chronique et interview) fait le point sur les mesures liberticides actuelles. Pour ne prendre qu'un exemple, le durcissement des mesures sécuritaires aux Etats-Unis (Patriot Act) et eu Europe s'est accompagné d'une série de lois et décrets qui concernaient spécifiquement le cyberespace - et ce pour la première fois depuis la loi Informatique et Libertés qui date de 1979. Le réseau Internet cristallise nombre de peurs anciennes et nouvelles, souvent surmédiatisées mais la plupart réelles (terrorisme international, piratage, pédophilie et résurgences nazies à l'échelle internationale - ou la " tentative " d'assassinat du président Chirac et le réseau des sites du groupe d'extrême droite Union radicale, aujourd'hui démantelé) et qui toutes sont extérieures à la sphère du réseau. Pour la première fois, Internet est montré comme un vecteur de risques potentiels pour l'organisation sociale (cybercrime, piratage organisé, cyberterrorisme).

     

    Les inégalités d'accès au net (inégalités Nord/Sud, "fracture numérique"), l'écrasante suprématie linguistique de l'anglais et l'omnipotence des enjeux économiques creusent, d'autant plus, le gouffre entre les utopies originelles et les nouvelles perspectives actuelles. Et pourtant, Internet, toujours en recomposition et en permanente mutation, favorise la création de nouvelles poches de résistance.

     

    L'art du contournement