Chine :
  • Intro
  • Le panopticon chinois : La liberté de l’Internet en question
  • Panopticon chinois : les sources et sites commentés
  • Interview Du Zhenjun : « les médias sont le message »
  • Liens : Sélection de sites
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    Panopticon chinois : les sources et sites commentés
    Par Arnaud Jacob

     

    1/ Test en temps réel du filtrage du web en Chine (« Real-Time Testing of Internet Filtering in China »), Berkman Center for Internet & Society (BCIS), Harvard Law School.
    Jonathan Zittrain a créé, en collaboration avec un collègue de son institut, un outil appelé Real-Time Testing of Internet Filtering in China (test en temps réel du filtrage du web en Chine). Il permet de tenir à jour la liste des serveurs américains et mondiaux dont l’accès a été bloqué à un moment ou l’autre de la journée par les autorités chinoises.

    Nota : l’outil de recherche semblait ne plus fonctionner le premier jour où nous l’avons consulté. Il affichait des résultats anciens, où apparaissaient aussi bien le site du Congrès américain que le serveur du magazine Play Boy. Il fonctionnait parfaitement depuis la mise en ligne de ce dossier.
    Egalement disponible depuis ce serveur bien documenté, une bibliographie d’articles et d’études relatives au filtrage et à la surveillance de l’Internet chinois.
    site : http://cyber.law.harvard.edu/filtering/china/test/

    2/ Détournement de Google par des moteurs de recherche de substitution – Documentation et captures d’écran (“Replacement of Google with Alternative Search Systems in China Documentation and Screen Shots”), Berkman Center for Internet & Society (BCIS), Harvard Law School.
    Fort de sa position de leader, Google connaît de nombreux clones à travers le monde, à vocation artistique ou parodique. Dans le cas du détournement chinois, il ne s’agit pas de net art cependant, mais bel et bien d’un effort de censure des contenus étrangers susceptibles de contrevenir aux directives du gouvernement chinois.

    Les autorités chinoises auraient mis en place des systèmes de redirection vers d’autres moteurs de recherches officiels sur la période du 8 au 11 septembre 2002. Durant ces trois jours, la page d’accueil de google.com n’était plus accessible en Chine ; l’internaute était redirigé vers des moteurs de recherche officiels dont cette étude offre 6 exemples sous forme de captures d’ écran : OpenFind.com (version Béta 2002, toujours accessible), GlobePage.com, Chinaren.com, search online.sh.cn. ou FM365.com. La manipulation évoquait à s’y méprendre les détournements artistiques dont est régulièrement sujet le moteur de recherche : on peut citer ici les Google Adwords happening de Christophe Bruno du site iterature.com ou l’astucieux site miroir Egloog, qui a inversé toute l’interface du site anglophone :
    www.alltooflat.com/geeky/elgoog.
    site : http://cyber.law.harvard.edu/filtering/china/google-replacements/

    3/ - Thèse “Big Mama is watching you : Foucault, Deleuze, Bentham in the RDC”
    « Big mama is Watching You : Internet Control and the Chinese Government ». Lokman Tsui, Thèse de maîtrise de l’Université de Leiden, juillet 2001
    « Big Mama is watching you » illustre également très bien la thèse de la « société sous surveillance » telle qu’elle a été développée par Foucault et Deleuze dans les années soixante-dix, et reprise ensuite par de nombreux théoriciens de l’Internet. Celle-ci se montre aujourd’hui particulièrement bien adaptée au cas chinois où la surveillance et la répression - bien réelles comme en attestent l’existence d’une « police de l’Internet » et de nombreux cas de prisonniers politiques - sont doublées de mesures draconiennes de filtrage et d’autocensure : plus efficace que la répression, une chape de plomb à l’apparence d’un « bouclier doré » pèse sur l’ensemble de l’Internet chinois, restreignant les accès et la portée des contenus jugés dissidents.
    site : http://www.lokman.nu/thesis/


    4/ - Rapport Internet d’Amnesty international, (“People's Republic of China : State control of the Internet in China “), Amnesty international, novembre 2002
    Amnesty International publiait en novembre 2002 un rapport accablant sur la situation spécifique de l’Internet chinois : “ State control of the Internet in China “ (PDF). Etait confirmée la situation des droits de l’homme en Chine que l’ONG dénonce inlassablement dans ses rapports annuels. Explicitement désignées dès l’introduction, les autorités chinoises y sont reconnues coupables de « fermer des cybercafés, bloquer les e-mails et les moteurs de recherche, [de] filtrer ou [de] bloquer l’accès à certains sites de presse étrangers, de fermer les sites qui émettent des critiques à l’encontre du pouvoir ».
    Outre le rappel des nombreuses lois restrictives votées depuis l’avènement d’Internet en Chine, cette étude insiste sur les cas de fermetures récentes des cybercafés et l’obligation qui a été faite à leurs propriétaires depuis septembre 2002 d’apposer des logiciels de filtrage sur tous leurs ordinateurs : sont frappés d’interdiction les sites de presse étrangers, les sites de la secte Falum Gong, les sites relatifs aux droits de l’homme et à la démocratie, en tout 500 000 sites jugés contraires aux lois chinoises ou attentatoires à la sécurité de l’Etat. Depuis ces nouvelles mesures, les requêtes sur ces mots clefs ou les tentatives de connexion à ces sites bannis sont automatiquement signalées au bureau de la sécurité publique. Télécharger le rapport au format PDF (92 k).
    De nombreuses ressources d’actualités disponibles à cette adresse. Les cinq éditions précédentes du rapport d’Amnesty International : China sont également en ligne (éditions 2002, 2001, 2000, 1999, 1998 et 1997).

    Selon Amnesty international, 33 personnes purgeant des peines allant de 3 à 10 ans seraient actuellement emprisonnées en Chine pour avoir exprimer ou diffuser des opinions religieuses ou politiques sur Internet. Le Digital Freedom Network (voir infra) estime actuellement ce nombre à 28 : le site tient à jour une liste accusatrice des détenus toujours emprisonnés pour leurs activités liées à l’Internet. [Liste des prisonniers politiques sur www.dfn.org] Autre info : la diffusion d’informations classées « Secrets d’Etat » sur Internet est passible de la peine capitale depuis une loi de janvier 2001.

    5/ China Labor Watch (New York) Edition anglaise et chinoise.
    Toute l’actualité du droit du travail et des accords internationaux relatifs au commerce et aux échanges en Chine. De la fabrication des chaussures de Nike, Adidas et New Balance en Chine jusqu’aux atteintes aux libertés individuelles constatées en ligne, ce site est un très bon baromètre de la liberté d’expression et des droits individuels en Chine. Il propose notamment une rubrique « Labor Laws » (Voir supra), où figurent toutes les lois qui régissent la vie en Chine et les échanges sino-américains ou sino-européens.
    site : http://www.chinalaborwatch.org/


    6/ Le « China Report », du Digital Freedom Network
    L’actualité de la liberté d’expression dans la région asiatique. De nombreuses news relatives à la Chine et à la dissidence chinoise. Le DFN tient également à jour une liste des prisonniers politiques chinois emprisonnés ou poursuivis pour leurs pratiques liées à l’usage de l’Internet : divulgation d’information non autorisées, expression d’opinion politiques ou religieuses considérées par dangereuses par le régime en place, alors que la déclaration des droits et des libertés individuelles signée par la RPC en octobre 1998 (Voir infra) était censée garantir une certaine liberté d’expression à tous les territoriaux chinois.
    site : http://dfn.org/


    7/ Declaration of Citizens' Rights for the Internet (Juillet 2002) & Declaration on Civil Rights and Freedom (Octobre 1998)
    Ces deux déclarations émanent de la société civile. La première, rendue public trois jours avant l’entrée en vigueur des nouvelles lois de régulation des publications sur Internet au 1er août 2002, visait à saisir le Congrès national sur la conformité de ces nouvelles lois avec la constitution chinoise. Les lois du 1er août imposaient de sévères restrictions sur les utilisations de l’Internet et bien que peu connues et sans incidences majeures sur des usages déjà fortement contrôlés, elles ont contribuées à limiter encore un peu plus la libre parole sur Internet en Chine. (traduction).
    La seconde, officielle, est un des deux textes fondateurs des droits de l’homme en Chine. Elle préfigure le passage de la Chine démocratique "dans une ère de respect démocratique et des respects des droits de l’homme à l’entrée dans le XXIe siècle" (traduction).
    site où ces deux documents sont disponibles (en anglais) : http://dfn.org


    8/ Sources citées dans l'article et références en français
    - « Le cas Chinois : n’est pas dissident qui veut » in Solveig Godeluck, La Géopolitique d’Internet, éditions de la Découverte, 2002. pp.165-180. www.lageopolitiquedInternet.com

    - Christopher R. Hughes, "Pourquoi Internet ne démocratisera pas la Chine" in Critique internationale n°15, p. 85-104, avril 2002.

    - Gilles Deleuze, Conférence sur la création FEMIS, PARIS (1987).
    "Qu’est-ce que l’acte de création ?" donnée dans le cadre des mardis de la FEMIS.
    http://www.webdeleuze.com/TXT/170387femis.htm

    Interview Du Zhenjun : « les médias sont le message »