Chine :
  • Intro
  • Le panopticon chinois : La liberté de l’Internet en question (2e et dernière partie)
  • Panopticon chinois : les sources et sites commentés
  • Interview Du Zhenjun : « les médias sont le message »
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    Le Panopticon chinois : La liberté de l’Internet en question III
    Par Arnaud Jacob


    « Big Mama is watching you »
    « Nous entrons dans des sociétés de contrôle qui se définissent très différemment des disciplines, nous n’avons plus besoin, ou plutôt ceux qui veillent à notre bien n’ont plus besoin (…) de milieu d’enfermement (G. Deleuze) ». Comment, après la littérature et la philosophie, les concepts de « panopticon » ou de « Golden Shield » ont-ils été remis au goût du jour par la cyberculture ? Pour faire simple et parce que ces choses sont relativement connues, il faut sûrement d’abord en passer par Foucault et Deleuze, dont les thèses sur le passage de la société disciplinaire à la société de contrôle (autrement appelée société de surveillance) ont fait florès dans nos imaginaires politiques puis littéraires contemporains. A la société disciplinaire caractéristique de l’Ancien régime, l’époque moderne a donc substitué une société de contrôle où aujourd’hui l’information, son contrôle et sa possession on et off line sont les maîtres-mots. Les contraintes ne sont donc plus disciplinaires - telles que l’emprisonnement physique des personnes – mais de surveillance et de traçage des individus.

    Pour faire court, il s’agit donc d’une synthèse du bon vieux « Big Brother is watching you » de Georg Orwell et du Panopticon de Jeremy Bentham où tout semble permis mais dans lequel l’accès aux informations est drastiquement contrôlé : tout est autorisé, mais les mesures de filtrage sont telles que l’offre elle-même d’information est exempte de toute portée dissidente qui puisse mettre en péril le bon ordre social. Tout est possible mais dans un système de surveillance généralisé où l’instance régulatrice exerce un contrôle au choix entièrement centralisé (vision « panoptique » de la surveillance avec caméras et filtres de toutes sortes commandés à distance) ou singulièrement désincarné puisque totalement intégré dans les habitudes de chacun. On se croirait là dans un mauvais trip d’Hubert Selby Jr (le paranoïaque The Cell) ou dans une anticipation politique à la Orwell (le prophétique 1984).

    Conclusion - forcément provisoire - de ce rapide survol historique et théorique ? Il s'agit d'une hypothèse. Et si, ingénieusement filtré et insidieusement surveillé par la pléthore de petits soldats « en uniforme » que nous serions tous devenus, (lire à ce sujet l’entretien avec Du Zhenjun), l’Internet chinois était devenu aussi docile qu’une réunion de cadres dans les bureaux feutrés de Microsoft...


    [illustrations du dossier : all pictures courtesy of Zan Xin Chun - copyright Zyboy.com (Photolog of Beijing), janvier-décembre 2003 ; except the last one 10 dec 2003, wednesday : nan wan ||| HK plaza copyright Before the rain (daily photolog "a room with a view"), 2003]

     

    Panopticon chinois : les sources et sites commentés