Chine :
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  • Le panopticon chinois : La liberté de l’Internet en question
  • Panopticon chinois : les sources et sites commentés
  • Interview Du Zhenjun : « les médias sont le message »
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    Le Panopticon chinois : La liberté de l’Internet en question I
    Par Arnaud Jacob


    En septembre 2002, deux chercheurs du Berkman Center for Internet & Society (BCIS) de l’Université de Harvard ont démontré que le moteur de recherche numéro un mondial, Google, avait fait l’objet d’une censure flagrante de la part des autorités chinoises. Deux à trois jours durant, le moteur américain n’était plus accessible depuis le territoire chinois, l’internaute étant redirigé vers des moteurs de recherche contrôlés par le gouvernement. Cet exemple, qui a été largement diffusé et commenté en ligne (voir à ce sujet les articles du Zdnet ou du New Scientist) pourrait paraître bien anecdotique au regard du phénomène de contrôle généralisé connu sous les termes de « Panopticon chinois » ou de « Golden Shield » dans sa version américaine.
    Mais le fait est : jamais le gouvernement chinois n’avait osé s’attaquer de front à un acteur du cyberespace aussi populaire. Evénement insigne dans l’histoire du contrôle de l’Internet, cette tentative de détournement est bien symptomatique du climat de confusion qui règne à Pékin. Entre transition vers un modèle d’économie mixte amorcé il y a dix ans et vieux réflexes coercitifs hérités de la période Mao, la Chine a bien du mal à résister au vent de libéralisation qui souffle de toutes parts. Aussi tente-t-elle, quelquefois bien maladroitement, plus souvent drastiquement, de garder étanches ses frontières virtuelles. Etat des lieux.


    Le Panopticon numérique : le cas chinois

    « La communauté est l’outil favori de la surveillance dans l’espace réel, avec les cellules locales du parti, leurs représentants dans l’immeuble, à l ‘école, etc.. Les mêmes mécanismes réapparaissent aujourd’hui dans le virtuel. Derrière chaque forum ou BBS chinois se tient un modérateur surnommé Big Mama, par référence à Orwell, qui approuve ou rejette les messages anonymes avant leur publication, et prend la décision d’en supprimer d’autres. Lorsqu’il n’est pas suffisamment diligent, les membres d’un groupe connecté se rappellent à l’ordre l’un l’autre. » (Solveig Godeluck, « Le cas Chinois : n’est pas dissident qui veut » in La Géopolitique d’internet, La Découverte, 2002). Parmi les nombreux journalistes à avoir suivi de près l’actualité de l’Internet en Chine, Solveig Godeluck est une des rares (avec Christopher R. Hughes : voir l'article "Pourquoi Internet ne démocratisera pas la Chine" in Critique internationale n°15, p. 85-104, avril 2002) à être revenue sur la question du panopticon chinois en France.

    Selon les différents travaux publiés à ce sujet, le gouvernement chinois a été aidé par l’expertise technologique et les financements des plus grandes compagnies internationales, aux premiers rangs desquels il faut compter Nortel networks, Sun Microsystem, Cisco Systems et Microsoft. Conclusion de l’auteur en forme d’effet boomerang : « Quoiqu’il en soit, le miroir chinois devrait nous faire réfléchir : ce régime totalitaire se reproduit dans le virtuel en testant les technologies et les modèles économiques que l’Occident confectionne pour lui. Nous ne sommes pas seulement complices. Nous préparons nous aussi, notre propre prison technologique. » Après avoir synthétisé l’ensemble des contraintes qui pèse sur la liberté d’expression et le droit à l’information dans la RPC, la journaliste apporte bien une lecture critique de cette résurgence dictatoriale qui pèse sur les libertés individuelles chinoises à l’heure de la Société de l’information, en anticipant les conséquences de la collusion des firmes occidentales avec le régime de Pékin. Circonstance aggravante ou facteur d’une indéniable libéralisation des échanges ? C’est tout le dilemme.

    Le fait est qu’en novembre 2000, le ministère de la sécurité publique chinois a ainsi fait mettre en place un système généralisé de surveillance électronique - à coup de législations d’abord, en imposant des filtres des contenus en ligne ensuite, en développant des bases de données personnelles.. - qui selon l’hypothèse en vigueur - recouvre jusqu’à aujourd’hui encore l’Internet chinois d’un véritable « bouclier doré ». La réglementation restrictive préexistait, les obligations faites aux opérateurs de dénoncer les dissidents étaient en place, une police avait été créée pour coordonner le secteur : il ne manquait plus q’une superstructure informatique pour gérer l’ensemble des données à traiter et à surveiller. Petit retour historique sur cette fulgurante ouverture de la société chinoise à l’Internet, sur fond de références à la fois férocement idéologiques et très littéraires.

     

    Panopticon chinois II : Censure ou auto-régulation ?