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Fort
d’un réseau de 4 millions d’utilisateurs, le web est
un des rares secteurs des économies argentine et uruguayenne
à ne pas avoir sombré dans le marasme dans les
années 2000. En plein développement depuis 1998,
il est rapidement devenu une sorte de miroir où les sociétés
de ces pays tentent de cerner un passé douloureux et
de s’interroger sur leur identité collective.
4 millions d’internautes
Si les économies argentine et uruguayenne traversent
une très mauvaise passe depuis la fin des années
1990, tel n’est pas le cas de leur secteur de l’Internet. Là
où l’ensemble de la production stagnait, voire flanchait
carrément en 2001 avec une récession de 3,7 %
en Argentine et de 3,1 % en Uruguay, le marché des services
d’accès à l’Internet était florissant.
Celui-ci “y jouit de l’une des plus fortes croissances d’Amérique
latine”, notait le magazine online Latinreporters.com
en mai 2001. “ Une étude de la société
Trends Consulting IDC Argentina révèle que le
chiffre d’affaires des fournisseurs d’accès à
Internet en Argentine a augmenté de 67% [en 2000] par
rapport à 1999. Une des clefs de la croissance du secteur
fut la mise en service des lignes téléphoniques
0610, qui offrent un tarif spécial réduit pour
les connexions au web de plus de 15 minutes ”. L’Internet uruguayen
a suivi une trajectoire similaire, si bien qu’en 2002, les deux
pays jouissaient d’un taux de connection deux à trois
fois supérieur à ceux du Brésil ou du Mexique.
En 2002, l’Union internationale des télécommunications
(UIT), organisme onusien de référence basé
à Genève, recensait ainsi 3,5 millions d’internautes
argentins sur une population totale de 37,5 millions d’habitants,
et 400 000 Uruguayens connectés sur une population nationale
de 3,2 millions d’habitants. Un record en Amérique latine,
si l’on excepte le Chili où 20 % des 15 millions d’habitants
sont reliés au réseau. Au total, l’Argentine et
l’Uruguay devraient représenter un potentiel de 6 à
8 millions d’internautes à l’horizon 2005.
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