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"Pour que naisse le premier mot d'un vers" |
| Textes de
Rainer Maria Rilke, montés et présentés scéniquement par Laurent Terzieff |
Théâtre
Molière, Maison de la poésie du 19 septembre au 18 octobre à 21h |
Extraits des Cahiers de Malte Laurids Brigge |
Dans le noir absolu,
c'est d'abord une note frappée au piano, pure, violente, qui va mourir de sa mort
naturelle à l'instant précis où, soudain, apparaît le visage spectral de Laurent
Terzieff. La tête posée au milieu du néant, il incante la prose sublime de Rilke dans Les
Cahiers de Malte Laurids Brigge. "Je crois que je devrais commencer à
travailler..." dit-il, et c'est le jeune Malte que l'on entend. Posté dans l'espace
étriqué de son minable appartement parisien, il a vingt-huit ans et mesure, ahuri, la
vacuité de son existence et l'immensité de la tâche de poète qui lui incombe.
D'une manière envoûtante, Laurent Terzieff incarne un "portrait de l'artiste
en jeune homme" (Joyce n'est pas loin...), soumis à l'épreuve de la poésie et trop
faible pour en supporter le poids. A ses côtés, émergent de l'ombre deux autres ombres,
Pascale de Boysson et Claude Aufaure, deux sublimes comédiens qui achèvent ce triptique
de l'homme blessé. Simples, justes, ils traduisent dans leur présence l'univers intime
de Rilke, monde peuplé des terreurs de l'enfance. Les mots des Sonnets à Orphée,
du Livre d'heures, des Premières et des Dernières poésies
surgissent comme des fantômes. Ils sont cousus ensemble par le fil invisible de la
musique de Schubert. : c'est l'andante con moto de l'Opus 100 qui illumine ces
images intérieures.
Après Une heure passée avec Rilke et la Compagnie Terzieff, plus que jamais, la
poésie devient vision. C'est un rare moment que nous offre ces comédiens.Virginie Lachaise
Extraits des Cahiers de
Malte Laurids Brigge |
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