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Pinocchio
Collodi |
| Mise en
scène de Bruno Boêglin |
Théâtre
de l'Odéon du 7 avril au 9 mai 1999. |
La scène est très
sombre. Un vieil homme à la démarche pesante attaque à la tronçonneuse un arbre abattu
par la foudre et en tire directement un pantin : Pinocchio apparaît aux yeux du
spectateur, par avance ému à l'idée de découvrir sur une scène un des personnages les
plus marquants de son enfance, et les épisodes les plus énigmatiques de cette histoire
d'initiation qui sont restés gravés dans sa mémoire : le repas du chat et du renard,
l'abandon du fameux alphabet, la rencontre avec les gens du cirque, l'arrivée dans la
maison des jouets....
On retrouve ces moments pour lesquels Bruno Boëglin affirme avoir choisi un style de mise
en scène très dépouillé : il est vrai que les décors sont d'une grande sobriété.Pas
de "truc" pour faire s'allonger le nez de Pinocchio. Néanmoins, certains effets
un peu faciles et surtout systématiques intriguent dans un premier temps, mais agacent
vite par leur gratuité : tous les personnages entrent par la salle. Certains sont figés
juste devant la scène rendant la visibilité précaire pour les spectateurs, ce qui est
tout de même regrettable... Certaines scènes sont étirées à l'extrême sans doute
pour créer chez le public une fascination qu'il ne ressent jamais. Ce minimalisme
revendiqué, mais donc pas toujours réel, ne fait en effet jamais ressortir la magie de
l'oeuvre de Collodi.
Quant au jeu des acteurs, il ne se place pas sous le signe du retrait. Est-ce pour
compenser leur manque de présence et de charisme qu'ils accentuent tous leurs effets en
hurlant systématiquement? Les cris de Pinocchio n'émeuvent pas, n'exaspèrent plus, ils
fatiguent et l'on sort de ce spectacle finalement atterré : Bruno Boëglin a sa propre
vision de l'oeuvre de Collodi, et c'est d'ailleurs nécessaire pour réaliser une
adaptation qui ne soit pas une simple et donc inutile illustration. Mais son travail ne
donne jamais envie de découvrir l'oeuvre de Collodi, bien au contraire, elle en
éloignerait presque. En revanche, il donne envie de découvrir les autres créations des
deux compositeurs Art Mengo et Jean-Pierre Mader qui sont à l'origine des quelques
moments de plaisir de ce spectacle. Ils sont suffisamment rares pour être signalés!
E mmanuelle Pons |
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