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Théâtre National de Chaillot

Les variations Goldberg
George Tabori

Mise en scène : Daniel Benoin
Décor : Jean-Pierre Laporte
Costumes : Ouria Khouli
Musique originale : Freddy Kroegher
Assistant à la mise en scène : François Béchaud
Avec : Fanny Cottençon, Pierre-Olivier Scotto, François Lalande, Jean-Pierre Laurent, Bruno Andrieux, Louis Bonnet, André Peyrache, Enzo Martorina, Floriane Mouchel, Freddy Kroegher

du 7 novembre au 31 décembre. relâche le 9 décembre
soirée du mardi au samedi à 20h30
matinée à 15h le dimanche
durée du spectacle : 2h45 avec entracte

Variations et  Avaries

"Qu'est-ce que vous faites ici ?", demande Goldberg au diable. "Je fais dans le détail". Oui, mais voilà, c'est bien là que le bas blesse dans la mise en scène de Daniel Benoin...Certes, Les Variations Goldberg, pièce-maîtresse de George Tabori s'apparente à la farce. Mais on a beau grossir les traits d'humour, tendre les cordes au lieu d'exhiber les ficelles d'une théâtralité sans aucun doute à l'oeuvre dans la mystérieuse mécanique du texte, en guise de transgression burlesque, on n'obtient qu'une misérable et bourgeoise petite exhibition S.M.

Et pourtant, tout était fait à dessein, semble-t-til, de servir le verbe corrosif de Tabori, lequel, mélant humour goy et humour juif, se livre à une relecture décapante et brillante des textes de la Bible, en les replaçant dans l'univers du théâtre , ou du show-biz. D'emblée, on s'enfonce dans l'espace loufoque du plateau de répétition, cette fameuse métaphore du monde. Le pauvre Goldberg, souffre-douleur et assistant du divin metteur en scène Mr Jay, s'efforce de pallier les caprices de son maître et s'échine à faire tenir leur rôle aux comédiens, créatures indomptables.

On sent bien que le cap de la parabole et la volonté de déclencher l'hilarité à tout prix, sont les points de mire de Daniel Benoin. Malheureusement, la littéralité et le premier degré qui tendent la mise en scène la font sombrer plus qu'à loisir, dans les ornières du mauvais goût : les séances renouvelées de "peep-show" autour du lit satiné du Paradis (orné de bananes) finissent par lasser et les animaux en peluche des premiers jours de la création, balancés à tort et à travers par la fougueuse Fanny Cottençon ne déclenchent pas toujours l'effet escompté...Le grotesque de ce spectacle accède-t-il au statut de la Farce, selon Tabori ? Telle est bien la  cruelle question.

Virginie LACHAISE

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date de la dernière mise à jour 07/10/99