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Le 11 juillet 1995, l'enclave de Srebrenica tombait aux mains des forces armées serbes dirigées par le général Maldic. Environ 42 000 personnes sont livrées, sans défense aux troupes ennemies, de triste mémoire.

Protégée par l'ONU depuis l'intervention du général Morillon en mars 1993 ("je ne vous abandonnerai jamais" lance-t-il à la foule inquiète), l'enclave est démilitarisée et "contrôlée" par des casques bleus. Le plus grand massacre qu'ait connu l'Europe depuis la seconde guerre mondiale est perpétré en moins d'une semaine. 8 000 disparus selon les Nations Unis. Dans le même temps, les femmes, les enfants et les vieillards sont expulsés de l'enclave, vers Tuzla. Les bus qui les emmènent avaient été massés à proximité des lignes de front depuis plusieurs jours. Opération méticuleusement préparée. Quelques 15 000 personnes n'ont pas attendu d'être triées sous les yeux des casques bleus, pour un sort trop prévisible. Elles fuient l'enclave vers les territoires bosniaques aux mains des troupes gouvernementales. L'armée serbe n'aura de cesse d'attaquer la "colonne de l'enfer". Seulement 5 000 personnes échapperont au carnage.

Trois ans après les faits, après excavation des charniers et la mise en cause directe de Karadzic (ancien président de la Repoublika serpska, accusé de génocide pour le siège de Sarajevo et les massacre de Srebrenica.) et de Mladic, qu'est devenue Srebrenica ? Elle est éperdue de douleur dans les camps préfabriqués : les femmes de Srebrenica sont muettes de n'avoir plus rien et de n'avoir pas de recours. La guerre continu.

Aujourd'hui, c'est un peu comme s'il avait fallu donner  une parole à ces muettes oubliées et rendre aussi compte de ce gouffre dans lequel les dirigeants des démocraties occidentales se sont perdus, la défaite de l'Europe.

Par ce qu'on pourrait appeler un "documentaire théâtral", Olivier Py nous invite à essayer de comprendre comment Srebrenica est aussi notre histoire, notre responsabilité, notre douleur.

L'origine du théâtre est la voix des femmes réclamant justice, la voix des suppliantes. A travers les récits des survivants, des médecins, des journalistes, à travers les prises de parole des politiques, des militaires et des historiens, nous tenterons de faire entendre cette imprécation de la justice et de la mémoire.

Philippe Gilbert et Olivier Py

 

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des extraits de la pièce

date de la dernière mise à jour 08/11/00