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| moclés : Apollinaire;
théâtre; guerre; Trintignant; poésie; Satie |
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Poèmes
à Lou
Au Théâtre de l'Atelier
jusqu'à fin juin
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Mise en scène : Samuel Benchetrit
Avec : Marie et Jean-Louis Trintignant
Lumières : Alain Poisson
Musique : Erik Satie
Saxophone : Paul Baïle
Son : Fabien Perreux
Du mardi au samedi à 21h,
matinée le samedi à 18h,
matinée le dimanche à 15h30
Location au théâtre de 11h à 19h
au 01 46 06 49 24
1, place Charles Dullin 75018 Paris
M° Abesses |
Le Mal-Aimé s'en va-t-en guerre
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| A moins d'être
sénégalais, il n'est pas facile pour un étranger de s'enrôler comme tirailleur dans
l'armée française pour rejoindre le front de de cette Grande Mangeuse d'Hommes de
Première Guerre Mondiale. En août 1914, Apollinaire, citoyen russe, voit sa demande
d'engagement ajournée et, dépité, s'en va à Nice soutenir un camarade
convalescent et panser ses propres plaies - plaies d'amour consécutives à sa récente
rupture avec Marie Laurencin. |
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Un espoir
de guérison lui apparaît sous les traits de la belle Louise de Coligny, alias
"Lou", aristocrate désoeuvrée, lascive et mutine qu'il rencontre lors d'un
dîner en ville. Mais la coquine regimbe. Joueuse, elle accepte ses avances pour
mieux s'y soustraire. Guillaume finit par se lasser de ces rebuffades et relance avec
succès ses démarches auprès de la Grande Muette. Il est rapidement incorporé au 38ème
régiment d'artillerie de campagne à Nîmes. |
| Le lendemain - fol
orgueil blessé de femme délaissée ou soudaine passion - Lou le retrouve et se donne. La
tendre guerre se déchaîne dans leur chambre d'hôtel. Conflit
dans le conflit, leur corps à corps, blitzkrieg charnel, fait rage pendant une semaine,
puis Lou s'en retourne. Guillaume l'engage à s'installer près de lui à Nîmes mais,
après un ultime assaut niçois, lancé lors d'une perm, il comprend que Lou fait de la
résistance. |
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Il remplace alors le vit
par la plume et se lance dans une folle correspondance unilatérale, narration hallucinée
tiraillée entre deux chairs, celle, délicate, de Lou, et l'autre, à canon, de ses
conscrits qui tombent dans des tranchées vite converties en charniers. |
Ces lettres -
dites par Jean-Louis Trintignant et sa fille, Marie - sont la matière de ce spectacle mis
en scène par Samuel Benchetrit. Comment le qualifier ? De mise en voix et espace,
peut-être. En un jeu d'écho, dans une semi-pénombre, les vers dits par l'un sont repris
par l'autre. Paroles masculines d'amour fou placées dans la bouche de l'absente, elles
disent la réversibilité du désir. Masculin/féminin, père/fille, les clivages et les
interdits disparaissent. La voix rauque et malicieuse de Marie contraste avec son port
félin. Celle de Jean-Louis porte toute la douleur de l'amour unilatéral éperdu. Mais
leurs chuchotements sont marqués du même sceau de l'intimité ; on serait presque gêné
d'assister à ce conciliabule amoureux .
Vêtus de noir, les comédiens se meuvent lentement sur scène et se croisent, à rebours
de leurs regards, trop occupés à scruter l'absence. Alors qu'un saxophone égrenne les
notes de petites pièces de Satie, les comédiens quittent la scène puis y retournent,
ensemble ou séparément, surtout séparément. |
| Guillaume et Lou ne se
reverront plus. L'espoir du poète de raviver la flamme grâce à cette entreprise de
reconquête épistolaire restera lettre morte et il décédera bientôt, blessé à la
tête par un éclat d'obus. Les lettres, qu'Apollinaire
avait intitulé "Ombre de mon amour", sont disponibles dans un recueil, Poèmes
à Lou, aux éditions Gallimard dans la collection Poésie. |
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Prix Editeur: 34 FF
Prix Alapage: 32.30 FF |
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