Mise en
scène de Jean Lacornerie
Compagnie Ecuador, avec Anne Benoît, Julien Masson, Bernard Yannotta
Scénographie : Clara Le Picard
Lumière : Stefan Mackenzie-Main |
Théàtre
de la Cité internationale
du 9 novembre au 6 décembre 1999 |
| A travers la porte entrouverte de son
placard à balais, de son réduit, une femme laisse exploser sa colère, empoigne
les mots dans un long monologue en forme dexorcisme. Elle sadresse à Marcel,
le jeune homme qui la séduite puis trahie, la laissant dans la désillusion,
loubliant dans sa solitude de femme. Le jeune homme réapparaît, inquiet, coupable,
pour refermer la porte de ce placard, sorte de boîte à musique doù
séchappent des mots haineux, mots criés, grognés, flot de paroles effrayant de
lucidité et de violence. Joséphine, la paysanne, colère
de femme : la guerre, les hommes qui la négligent, Dieu qui la néglige, une vie de
négation, le vide dans le ventre des femmes, pour lhomme. Ce vide et cet enfant
fait par hasard, par lhomme.
Un Luis Mariano dopérette surgit, égaye un instant ses
rêveries solitaires de femme ordinaire. Et le public oublie lui aussi un instant, sourit.
Joséphine sempare à nouveau de ses mots-balais pour traquer linconsistance
de sa vie de ménage.
Guy Walter, à qui lon doit lun des textes qui
composeront la seconde partie de Aimer sa mère (Alfredo Arias), parvient à dire
la détresse de cette humanité bafouée avec une cruauté exquise (le texte est
disponible aux éditions Circé). Un spectacle oppressant, porté par une actrice
et par une voix effrayantes (Anne Benoît).
A lexandre B. |