| Cest la faute à
Rousseau, prétendent Philippe Desboeuf et Bernard Mallek
Oui, mais pour quel
délit exactement ? Cest malheureusement ce que cette pièce, au titre
accusateur, oublie de préciser. Si bien que, dépouillé semble-t-il de toute intention,
ce spectacle finit par manquer de tension. Certes, notre oreille sexerce à
reconnaître de-ci delà un extrait des Rêveries du Promeneur solitaire ou de la
Profession de Foi du Vicaire Savoyard, et on prend quelque plaisir à
lécoute de la prose dun Rousseau manifestant tour à tour sa candeur ou sa
virulence, mais à terme, quel est lenjeu dune telle parade ? Cest
ce quil est bien difficile de dire. Philippe
Desboeuf et Bernard Mallek font suivre ces extraits qui constituent louverture du
spectacle, de LEpisode Imaginaire de Jean Vauthier. Ils adaptent à la scène
cette uvre radiophonique, créée à lorigine pour le Club dEssai de la
Radio et interprétée, dans le rôle-titre de Jean-Jacques Rousseau, par Alain Cuny, en
1955.
Mais, il faut bien le dire,Philippe Desboeuf, seul en
scène au début de la pièce, discute un peu artificiellement avec une voix
enregistrée : cest son vieil ami dAubigny qui vient interrompre sa
retraite, dans la petite Ile Saint-Pierre au cur du lac de Bienne. Sesquisse
alors devant nous le portrait dun Rousseau sous le signe de la passion amoureuse.
Une "grande fillette", Nathalie Bienaimé, vient troubler le cur de celui
qui sest banni des hommes et entraîne malgré lui le sombre philosophe, dans une
sorte de "fable de la jeune fille et du vieillard". Enflammé par cette belle
vierge qui soffre à lui, Rousseau se bat, prend un coup de pistolet au bras et se
retrouve, à la fin, plus seul et plus furieux que jamais.
Qu'ajouter à cela sinon que l'on ressort de la pièce sans
autre certitude que celle d'avoir assisté à une fâcheuse tentative, et qui plus est,
pas bien originale...
Virginie Lachaise |