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| moclés : théâtre; enfers;
carnaval; bastille; Jean-Michel Rabieux |
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Les enfers carNaval
Au Théâtre de la Bastille du 6 mai au 5 juin |
Conception
Jean-Michel Rabeux
Avec : Corinne Cicolari, Franco Senica, Georges Edmont, Kate France, Jean-François
Lorenzi, Christophe Malaval, Marc Mérigot, Sylvie Reteuna, Emmanuelle Tertipis
Assistante à la mise en scène : Sophie Rousseau
Lumières : Jean-Claude Fonkenel
Musique : Kate France et Christophe Malaval, avec la participation de Eric Sterenfeld
Plasticien : Marc Mérigot
Costumes : Sandrine Pelletier, assistée de Delphine Carliez et Virginie Legendre |

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Avec la nuit séveillent les
infernaux. Parés de pourpre, comme au triomphe, ils
sactivent pour contenter la Mort. Mais avant de précipiter les corps, leurs corps,
dans la bétonnière qui cimente le destin, ils jouent avec eux. Car les morts ne peuvent
disparaître sans avoir tiré leur dernière révérence. Moqueurs ou compatissants,
violents ou cajoleurs, les infernaux mettent en scène ces adieux. Ils dévoilent les
âmes-matériaux, avant de broyer les chairs et dédifier, dans une débauche
defforts et deffrois, le statuaire de loubli. |
Cette pièce en chantier ne cesse de
surprendre. Ni la mort, ni la souffrance des âmes ne prêtent
ordinairement à rire. Le pari réussi de Jean-Michel Rabeux nest pas de nous
distraire par cette sarabande inventive et déjantée, mais de répéter à lenvi le
rituel du départ. Quel est le message ? Difficile den distinguer un, si ce
nest le topos dune fin inexorable. Les infernaux confrontent le spectateur à
cette idée, puis la lui font désirer ardemment quand, dans un délire presque extatique,
la machine, gueule béante, reçoit sa pitance de leurs mains, avant de vomir le résidu
dune humanité en décomposition. Pour cela, les comédiens se font complices des
fantasmes les plus carnavalesques de lauteur, jouant des corps et des émotions sans
retenue aucune, pour mieux charmer les morts en attente. La séduction nest-elle pas
le sourire du trépas ? |
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Cette mise à nu magnifique et morbide subjugue le spectateur
et linvite à tomber le masque de la peur. Apprivoisant ses angoisses, il doit
désormais vivre la mort dans lart jusquà lultime rendez-vous
El Bolcho |
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