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Electre
Hugo Von Hofmannsthal |
| Mise
en scène de Michel Cerda |
Théâtre de la cité internationale
12 octobre - 20 novembre 1998 |
| Des tragédies d'Eschyle et
d'Euripide, Sophocle ne retenait déja qu'un moteur de l'action dépouillé, en se
concentrant sur la figure d'Electre et son attente d'Oreste. Son frère viendra-t-il
nourrir sa soif de vengeance? Est-il seulement encore en vie? Se peut-il que l'attente
s'avère si désespérément vaine après ces incalculables années de fidélité à la
mémoire d'Agamemnon ? Dans cette digression féconde de Hoffmannsthal, dramaturge
viennois du début du siècle, la tragédie se resserre presque exclusivement sur les
affres de l'héroïne, hantée par la mort du père et ce seuil fatale à sa destinée,
dépossédée de tout ce qu'elle flit par cette mère assassine et son amant usurpateurs
du trône. Quand la cause du dilemme remonte à un temps immémorial, comment se peut-il
que le sujet ne subisse pas les métamorphoses les plus déchirantes ? Prisonnière du
couple royal, étrangère aux siens, Electre s'égare en visions et en prophéties qu'elle
seule est à même de déchiffrer. Sur scène, elle apparaît, roide, inflexible, avec une
force déchirante et dans un état de fébrilité permanent, comme une conscience
écartelée dont la détermination défie la mesure de toute réalité. La gestuelle
épurée des protagonistes, comme la mise en scène dénuée de toute emphase, confient à
la parole la mission de porter l'effroi lyrique du texte à sa plus tragique expression. Arnaud Jacob |
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