|
|
Électre
Hugo Von
Hofmannstahl |
Mise en scène de Michel Cerda
(Cie Le Vardaman)
avec Pascale Bardet, Catherine Benhamou, Catherine Corrringer, Ahmed Guedayia, Sébastien
Lalanne |
Théâtre de la Cité internationale
du 12 octobre au 20 novembre
Réservations : Ol 43 13 50 50 |
Agammemnon le vainqueur de
Troie a été assassiné par sa femme Clytemnestre et son amant Egisthe qui a pris son
trône.
Folle de douleur, sa fille Électre survit dans la certitude d'une vengeance expiatoire à
cette infamie et à ses conséquences : l'exil forcé de son frère Oreste, l'infâme joug
auquel elle et sa soeur Chrysotemis sont soumises, et surtout son immense chagrin. Elle
entreprend de tuer de sa main les amants adultères lorsque survient un messager qui
annonce la mort d'Oreste...
Dans cette tragédie reprise de celles d'Euripide et Sophocle - qui
sont elles-mêmes des avatars de celle d'Eschyle -, Hugo von Hofmannstahl resserre
l'action autour d'une Électre fantômatique persuadée que seule la mort des coupables
pourra la ramener à la vie. Elle compense l'atrophie d'un corps refusé (parce qu'il est
issu de la matrice dont provient également sa douleur) par l'abondance du discours. À
défaut d'épuiser sa haine, il lui donne forme et se constitue en objet de sublimation du
meurtre. La mise en scène de Michel Cerda met l'accent sur cette impossibilité du deuil
- qu'Électre parvienne ou non à se venger - matérialisée par sa prostration et son
errance, noyée dans la fumée des encens, le long du mur de ses lamentations.François-Xavier Couval |
|
|