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Les Babas-cadres
Christian Bob |
| Avec
Olivier Niollet et Jean-Luc Betron |
Café
D'Edgar
Depuis 16 ans |
| 16 ans de plus 16 ans de trop
!!! Ces deux cadres, l'un éleveur, l'autre artisan, ayant quitté la "cité"
prennent la nature en otage pour leurs frétillements sociaux. Le jugement de goût reste
confiné aux borborygmes des représentations populaires et des plaisanteries
défraîchies corrodées par le temps. Les clichés éculés se trouvent pour la 16ème
année consécutive burlesquement réactivés à tel point que cette pièce usée et
vieillie finit par oublier les rhizomes, les radicelles qui couraient de la psychologie du
sujet à celle de son temps, pour n'être plus que le propre pastiche de son histoire
singulière. Au final le sens échoue à se construire et se réduit à un catalogue de
vignettes et de blagues. Les leitmotivs élimés signent une dégradation du langage rendu
caduc, qui aliène le personnage au moment même où il tente d'exprimer avec humour son
désir ou ses aspirations libertaires. Les acteurs eux-mêmes, bien que complices du
public, lassés d'un avant qui préfigure un "encore", optent sans conviction
pour un jeu forcé à la fois tragique et ricanant. La vraisemblance des personnages offre
de quoi inquiéter la notion acquise et policière d'identité maintes fois enjambée par
des "ping-pongs" psychologiques où l'on troque facilement une personnalité
pour une autre en cours de route. Ainsi le site étroit du café D'Edgar duplique à
merveille l'étroitesse d'un scénario qui ne cadre même pas avec ses personnages et qui
trahit une simplicité confinant au simplisme. Les babas-cadres célèbrent le pouvoir
d'altération d'une pièce qui échoue à réactualiser des plaisirs passés et à
transposer dans le présent de la représentation des configurations d'ores et déjà
passées au crédit de l'Histoire. Il nous reste les grands pans immobiles d'une farce
émoussée qui se roule sur elle-même. Mireille Bourreil |
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