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du mardi 08 janvier au samedi 26 janvier au Théâtre de la Bastille

Pas tous les marocains sont des voleurs
mise en scène : Arne Sierens


A l'origine de cette pièce, il y a l'idée de Arne Sierens d'entreprendre un travail autour du Crime et Châtiment de Dostoïevski, des personnages qui le peuplent, de ce que Bresson aussi a pu en tirer avec son Pickpocket, des enjeux sociaux que ces deux oeuvres monumentales ont pu soulever. Il s'agissait de transposer, bien sûr, de passer au crible de la Belgique d'aujourd'hui, du théâtre d'aujourd'hui, pour finalement ne conserver de l'inspiration initiale que des personnages, des bribes d'intrigues, de comportements, refondus dans un nouvel objet théâtral.

Dès le début de Pas tous les marocains sont des voleurs (l'approximation gramaticale provient du parler populaire belge), on s'aperçoit immédiatement du glissement effectué et avant même que la pièce ne commence, pendant que sur la scène s'échauffe une boxeuse blondinette sur-maquillée, on sait déjà qu'il ne sera pas là question d'adaptation littérale mais bien d'une farce sociale, à la limite d'un second degré indéfinissable dont seule la Belgique possède le secret.

Mélangeant comédiens professionnels et amateurs sans qu'il soit possible de distinguer lesquels sont lesquels, Arne Sierens brouille donc les pistes d'emblée, ramène l'art théâtral au niveau de la MJC pour mieux servir l'intérêt social de son propos.

On va donc suivre les petites histoires de ces petites gens, combattants pour la gloire dans un club de boxe anachronique où délinquants et policiers se conseillent mutuellement autour d'un ring. "Même si j'avais des preuves, dit le policier à la petite voleuse, en Belgique, on ne peut rien contre celui qui vole sa propre famille. Je te dis juste que c'est mal."

Et le ton sera le même tout le temps, preuve ou pas, parce qu'il faut se serrer les coudes par ici, flics ou voyous, qu'est-ce que ça change ? On les verra tous ramer dans la même galère et faire de petites victoires des grandes fêtes, partager tout, des anecdotes aux deuils, jusqu'à effacer totalement tous les repères sociétaux et religieux, se les approprier, en témoigner, et finalement admettre que tout ça n'a que très peu d'importance parce que vendredi, on affronte Charleroi !

Souvent, la mayonnaise prend dans cette pièce déglinguée. De plus en plus, on se prend vraiment d'affection pour la galerie de portraits attachants, et souvent aussi, on est heureux avec eux, ou on est ému avec eux, malgré les gags du texte qui tombent à l'eau parce qu'ils sont (volontairement ?) mal joués, mais on fait ce qu'on peut, vous savez ?

On pourra bien sûr reprocher au metteur en scène de faire dans la facilité, parce qu'il est plus simple de faire semblant de mal jouer que de jouer à la perfection, mais on ne peut que pardonner à ces figures en perpetuelle quête d'eux-mêmes, à ces silhouettes improbables qui hantent la scène et nous ramènent à notre propre misère.

Dans les points faibles, on citera quand même des passages dansés (sur du Kim Wilde, si, si !) un peu trop longs, comme s'ils étaient là pour céder à la hype ambiante qui veut qu'une pièce de théâtre jouée après 2000 comporte inévitablement son quota de passages festifs matraqué à coups de BPM à fond les ballons. Personnellement, ça me gonfle, mais puisque c'est la norme, on va pas leur reprocher de faire cette petite concession aux critiques parisiens qui boudent s'ils n'ont pas un avant-gout des Bains Douches vers lesquels ils se dirigeront juste après...

Troudair

Théâtre de la Bastille
Page du Festival des Arts de la scène
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Pas tous les marocains sont des voleurs - Mise en scène : Arne Sierens - Avec Zouzou Ben Chikha, Johan Dehollander, Didier de Neck, Aciha Lamarti, Ini Massez, An Miller, Dahlia Pessemiers et Mourade Zeguendi - Musique : Dominique Powels - Décors : Guido Vrolix - Costumes : Pynoo Lumière : Harry Cole - Production : Hetpaleis & Das Theater en coproduction avec Nieupoorttheater/gand, Rotterdam 2001 & Rotterdamse Schouwburg et Kunsten Festival des Arts/Bruxelles - Réalisation : Théâtre de la Bastille

du mardi 08 janvier au samedi 26 janvier (relâche dimanche et lundi) à 21H

Théâtre de la Bastille 76, rue de la Roquette 75011 Paris 01-43-57-42-14
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