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du mardi 08 janvier au samedi 16 févrierau Théâtre de la Colline

lire aussi l'interview de Stéphane Braunschweig

L'exaltation du labyrinthe
mise en scène : Stéphane Braunschweig


Sur l'avant-scène, des formes humaines ondulent à grand peine dans la gangue d'une lumière verdâtre. Un drôle de vitrier s'affaire sur le verre hypothétique d'une improbable fenêtre. Dans un coin, sous un carton, émergent les jambes raides du cadavre Miserere. Et soudain, du centre, jaillit la parole haletante et cruelle d'un personnage à quatre bras et à deux têtes. C'est Maxence, le fils déchu, pris dans l'étau de sa tentation, de son ivresse, de sa folie, prisonnier des bras de son ange de la damnation, Rose des vents.

Stéphane Braunschweig plante le décor d'une scène d'apocalypse, l'espace d'une déchéance et d'un abandon qui ne tarde pas à devenir le lieu d'une réflexion sur le pardon et la rédemption. Cette pièce, "L'exaltation du labyrinthe", il l'a "commandée" à son ami Olivier Py il y a quatre ans, alors qu'il dirigeait encore le Centre Dramatique d'Orléans. Elle est le fruit d'une dialogue contradictoire et fertile entre deux visions du monde, la sienne, sensualiste et agnostique et celle de Py, baignée de mysticisme, en quête perpétuelle de transcendance. Autour de la thématique classique au théâtre du conflit des générations, puisqu'elle oppose un fils révolté et mal aimé à un père bourreau, ancien tortionnaire en Algérie, cette oeuvre soulève la question de notre rapport à la mémoire et au devenir.

Entraînée par le jeu authentique et quelquefois somptueux des comédiens de la troupe du TNS, (en particulier Daniel Znyk dans le rôle de Miserere et Philippe Girard dans le rôle de Dédalle), la pièce, éminemment baroque, joue sur l'allégorique et le burlesque, le tragique et le comique avec beaucoup de grâce. Elle est représentée en alternance avec "La Mouette" de Tchékhov, chef-d'oeuvre qui se conclut lui aussi par le suicide de la jeunesse. Faut-il lire dans ce dyptique improvisé une once de désepoir et de fatalisme ? La réconciliation père-fils est-elle définitivement impossible ? Quel avenir est-il permis d'espérer sans l'aveu des fautes, sans la reconnaissance des pères, sans le jugement et sans le pardon des fils ?

La scénographie mise sur deux plans, l'horizontalité et la verticalité. Dans les deux cas, il s'agit toujours de décliner le vide, que ce soit dans l'étendue de la plate déchéance de Maxence ou les méandres du labyrinthe de Dédalle, figuré par un escalier géant qui occupe tout le volume de la scène. Deux formes de la destruction qui s'annulent et s'englobent, l'absence de transcendance du père incluant dans sa volonté de puissance le nihilisme du fils, qui renonce pour finir à sa seule force vitale : la vengeance. Face à la figure paternelle qui prône le jeu pour la gloire, la comédie à la place de la vie, "la danseuse qui arrête de jouer à danser - dit-il - tombe", le fils lui, refuse de faire semblant.

L'exaltation du labyrinthe - par delà des accents claudéliens portés par quelques figures de saints voués à l'impuissance, comme Louise l'amoureuse boîteuse, Mathieu ou Miserere, les bons anges de Maxence-, a le mérite d'ouvrir des portes plus que d'en fermer. La virtuose ambiguïté de la mise en scène de Stéphane Braunschweig y est pour beaucoup.

Virginie Lachaise

A lire aussi : l'interview de Stéphane Braunschweig

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Théâtre de la Colline
[site web]

L'Exaltation du labyrinthe - Mise en scène :Stéphane Braunschweig- Texte : Olivier Py- Avec : Claire Aveline, Luc-Antoine Diqueéro, Claude Duparfait, Jean-Marc Eder, Philippe Girard, Maud Le Grévellec, Marie-Christine Orry, Hélène Schwaller, Jean-Baptiste Verquin, Clément Victor, Daniel Znyk- Création du spectacle le 30 mars 2001, au TNS.

du mardi 08 janvier au samedi 16 février en alternance avec La Mouette d'Anton Tchékhov:

Grand Théâtre (salle Maria Casarès) du 11/01 au 17/01,du 25/01 au 31/01et du 08/02 au 16/02

Théâtre de la Colline, 1( rue Malte-Brun 75020 Paris

location : 01 44 62 52 52
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