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Sur l'avant-scène, des formes humaines ondulent
à grand peine dans la gangue d'une lumière
verdâtre. Un drôle de vitrier s'affaire
sur le verre hypothétique d'une improbable fenêtre.
Dans un coin, sous un carton, émergent les jambes
raides du cadavre Miserere. Et soudain, du centre, jaillit
la parole haletante et cruelle d'un personnage à
quatre bras et à deux têtes. C'est Maxence,
le fils déchu, pris dans l'étau de sa
tentation, de son ivresse, de sa folie, prisonnier des
bras de son ange de la damnation, Rose des vents.
Stéphane
Braunschweig plante le décor d'une scène
d'apocalypse, l'espace d'une déchéance
et d'un abandon qui ne tarde pas à devenir le
lieu d'une réflexion sur le pardon et la rédemption.
Cette pièce, "L'exaltation du labyrinthe",
il l'a "commandée" à son ami
Olivier Py il y a quatre ans, alors qu'il dirigeait
encore le Centre Dramatique d'Orléans. Elle est
le fruit d'une dialogue contradictoire et fertile entre
deux visions du monde, la sienne, sensualiste et agnostique
et celle de Py, baignée de mysticisme, en quête
perpétuelle de transcendance. Autour de la thématique
classique au théâtre du conflit des générations,
puisqu'elle oppose un fils révolté et
mal aimé à un père bourreau, ancien
tortionnaire en Algérie, cette oeuvre soulève
la question de notre rapport à la mémoire
et au devenir.
Entraînée
par le jeu authentique et quelquefois somptueux des
comédiens de la troupe du TNS, (en particulier
Daniel
Znyk dans le rôle de Miserere et Philippe
Girard dans le rôle de Dédalle), la pièce,
éminemment baroque, joue sur l'allégorique
et le burlesque, le tragique et le comique avec beaucoup
de grâce. Elle est représentée en
alternance avec "La Mouette" de Tchékhov,
chef-d'oeuvre qui se conclut lui aussi par le suicide
de la jeunesse. Faut-il lire dans ce dyptique improvisé
une once de désepoir et de fatalisme ? La réconciliation
père-fils est-elle définitivement impossible
? Quel avenir est-il permis d'espérer sans l'aveu
des fautes, sans la reconnaissance des pères,
sans le jugement et sans le pardon des fils ?
La
scénographie mise sur deux plans, l'horizontalité
et la verticalité. Dans les deux cas, il s'agit
toujours de décliner le vide, que ce soit dans
l'étendue de la plate déchéance
de Maxence ou les méandres du labyrinthe de Dédalle,
figuré par un escalier géant qui occupe
tout le volume de la scène. Deux formes de la
destruction qui s'annulent et s'englobent, l'absence
de transcendance du père incluant dans sa volonté
de puissance le nihilisme du fils, qui renonce pour
finir à sa seule force vitale : la vengeance.
Face à la figure paternelle qui prône le
jeu pour la gloire, la comédie à la place
de la vie, "la danseuse qui arrête de jouer
à danser - dit-il - tombe", le fils lui,
refuse de faire semblant.
L'exaltation
du labyrinthe - par delà des accents claudéliens
portés par quelques figures de saints voués
à l'impuissance, comme Louise l'amoureuse boîteuse,
Mathieu ou Miserere, les bons anges de Maxence-, a le
mérite d'ouvrir des portes plus que d'en fermer.
La virtuose ambiguïté de la mise en scène
de Stéphane Braunschweig y est pour beaucoup.
Virginie
Lachaise
A lire aussi : l'interview de Stéphane
Braunschweig
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de Flu.
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Théâtre de la Colline
[site
web]
L'Exaltation
du labyrinthe - Mise en scène :Stéphane Braunschweig-
Texte : Olivier Py- Avec : Claire Aveline, Luc-Antoine
Diqueéro, Claude Duparfait, Jean-Marc Eder, Philippe
Girard, Maud Le Grévellec, Marie-Christine Orry,
Hélène Schwaller, Jean-Baptiste Verquin,
Clément Victor, Daniel Znyk- Création
du spectacle le 30 mars 2001, au TNS.
du
mardi 08 janvier au samedi 16 février en alternance
avec La Mouette d'Anton Tchékhov:
Grand Théâtre
(salle Maria Casarès) du 11/01 au 17/01,du
25/01 au 31/01et
du 08/02 au 16/02
Théâtre
de la Colline, 1( rue Malte-Brun 75020 Paris
location
: 01 44 62 52 52
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