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Hedda Gabler est, comme chacun sait, centrée
sur un personnage, Hedda, qui a quelque chose des monstrueuses
héroïnes antiques. Ce qui n'a rien d'étonnant
puisqu'une partie de l'uvre d'Ibsen est une tentative
d'inscrire la tragédie dans la bourgeoisie norvégienne
du XIXe siècle. Et partant, le cadre est ici
clairement posé : une ville de province, un ménage
bourgeois et inassorti parce que lui est un universitaire
veule et sans envergure (la gentillesse même au
demeurant) et qu'elle, telle une Bovary nordique, caresse
des rêves et des ambitions qui n'ont que peu de
rapports avec les conditions réelles de son existence
petite-bourgeoise. Tout cela se termine très
mal puisque non contente de pousser un ancien amant
au suicide avant de détruire par jalousie ce
qui aurait été, pour le pauvre garçon,
l'uvre de sa vie, Hedda finit par se tirer une
balle dans la tête.
Jean-Pierre
Miquel met parfaitement en évidence ce qui fait
de cette pièce un vaudeville tragique. Un intérieur
bourgeois où l'on imaginerait aisément
un drames de Dumas fils, des costumes à l'avenant
et, des comédiens qui font la part au réalisme
autant qu'à la convention. Le tout est si efficace
que l'on doit se retenir pour ne pas se précipiter
sur la scène révéler au malheureux
Lvborg l'endroit où Hedda cache le manuscrit
qu'il croit perdu. Si ce spectacle a une vertu pédagogique,
c'est de permettre au spectateur un petit voyage dans
le temps et de comprendre ce que Brecht voulait dire
lorsqu'il inscrivait le théâtre (celui
qu'il voyait, pas celui qu'il faisait) sur la liste
des narcotiques. Hedda Gabler est un spectacle qui captive,
qui transporte dans un ailleurs et un avant. On peut
aussi chercher au théâtre un plaisir d'un
autre ordre, mais ceci est une autre histoire
Julie
de Faramond
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de Flu.
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Hedda
Gabler d'Henrik Ibsen, mise en scène de Jean-Pierre
Miquel, avec Catherine Samie, Michel Favory, Isabelle
Gardien, Laurent Rey, Clotilde de Bayser, Christian
Gonon et Gilette Barbier, jusqu'au 4 mai au théâtre
du Vieux Colombier, 01 44 39 87 00 / 87 01.
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