|
André Wilms qui est d'abord et avant tout un
acteur remarquable a mis en scène, depuis 1988,
une dizaine de spectacles, dont certains furent plutôt
réussis. Mais ici, Wilms semble avoir eu la mauvaise
idée d'imiter Thomas Ostermeyer (directeur de
la Schaubühne, à Berlin), sur le mode :
"L'esthétique du sitcom, il n'y a que ça
de vrai." (Je respecte l'esprit, pas la lettre).
Alors quand je lis dans le dossier de presse : "Histoires
de famille n'est pas loin du soap", je frémis.
Et la suite n'est en rien rassurante. Nous sommes en
Serbie. Soit. Après, vous allez me dire que je
n'y connais rien et que peut-être en Serbie, les
hommes sont lâches, racistes et incommensurablement
bêtes et que les femmes sont soumises par pure
stupidité à leur abruti de mari et que
l'espoir, c'est les jeunes (comme je vous le dis). Puisque
c'est une Serbe qui l'écrit
Eh bien moi
je pense que ce souverain mépris du prolétaire
ou du petit-bourgeois manifesté par ceux qui
écrivent et qui, par conséquent, se sentent
bien au-dessus de ceux qu'ils dépeignent, bref,
cette condescendance qui suintait déjà
des spectacles mis en scène par Thomas Ostermeyer,
présentés la saison passée dans
ce même théâtre de la Colline (c'est
ce que l'on appelle avoir de la suite dans les idées)
est bien le sentiment le mieux partagé par les
intellectuels de partout, de Serbie et d'ailleurs.
Je
ne parlerais pas de la mise en scène qui ne fait
qu'accentuer l'aspect caricatural de la pièce
par des gestuelles outrées dont on ne saisit
pas vraiment le fondement. Mais heureusement, il y a
Hélène Lapiower qui joue
un chien
et qui, comme toujours, est géniale. Grâce
à elle, l'exaspération suscitée
par la pièce s'en trouve atténuée,
Lapiower est à ce point remarquable que l'on
se prend à désirer (suivant l'exemple
qu'elle donne dans le spectacle) renier son humanité
pour venir, à quatre pattes, lui lécher
les mains
Julie
de Faramond
Réagissez à cette chronique sur le forum
de Flu.
---
|
|
Histoire
de famille de Biljana Srbljanovic,
mise en scène André Wilms, avec Marc Bodnar,
Evelyne Didi, Atmen Kelif et Hélène Lapiower.
Jusqu'au 14 avril au Théâtre de la Colline.
01 44 62 52 25.
---
|