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Woyzeck interprété par des comédiens dont certains sont sourd-muets est paradoxalement un spectacle dune remarquable lisibilité.
Pièce laissée inachevée par Büchner, Woyzeck est, de ce fait, une des plus énigmatique du répertoire allemand. Le défi de Thierry Roisin et de lInternational Visual
Théâtre est de lavoir monté en en rendant laccès, à priori plus difficile encore, par les bien-entendants du moins : ce Woyzeck-là est joué dans sa quasi-totalité
dans le langage des sourds. Une petite plaquette résume les principales étapes de lintrigue et au spectateur de se débrouiller. Il ne se débrouille, ma foi, pas si mal.
La grande clarté de lexpression scénique : décors, gestes, expressions, ne réduisent pas la pièce à une série de tableaux vivants, mais soulignent quelle est
construite sur une suite de crises. Crises qui opposent Marie à Margreth, puis
Woyzeck au tambour, puis Woyzeck au médecin, puis Woyzeck à Maris et, enfin,
Woyzeck à lui-même. Ces affrontements sont muets, inarticulés et renvoient à la frustration du protagoniste qui, désespéré de ne pouvoir ni dire, ni se dire va finir par
tuer puis se tuer. Le seul mot prononcé, brièvement, comme un commandement est le nom même de
Woyzeck, que crie le meneur du jeu chaque fois que le
protagoniste entre en scène. Le plateau au centre duquel est posé un tapis circulaire devient alors une arène où, sans répit,
Woyzeck est appelé pour un nouveau
round. Laction devenue un combat de boxe, la parole devient du même coup inutile.
Julie
de Faramond
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Woyzeck
de Georg Büchner, mise en scène Thierry Roisin, Beaux quartiers, International Visual Théâtre, jusquau 31 octobre, au Théâtre de la Cité Internationale.
Places, 110 fr, 80 fr et 55 fr, réservations au 01 45 80 91 90. |
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>>Le
site de
l'International visual image |
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