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Les bijoux très discrets
Sophie Duez entre en scène, scrute le public d'un oeil malicieux et attaque d'un
" vous êtes inquiets ?...moi aussi ". Et quand elle dit "inquiets", s'agit-il de l'emploi du masculin grammatical désignant un ensemble mixte, ou bien s'adresse t-elle aux
hommes ? Le quart de sourire presque détendu de certains, parmi lesquels un chroniqueur de fluctuat, me ferait plutôt pencher vers la seconde solution.
Mais alors inquiets de quoi ? De ne pas être totalement dans le coup peut-être ; Et c'est parfois justifié. Lors de la scène abordant l'examen gynécologique, par
exemple, les rires spontanés des intéressées contrastent avec les réactions
forcément balourdes de ceux qui comprennent que c'est bien vu, mais qui ne peuvent pas
l'avoir vécu. Un peu comme dans un spectacle de Fellag ... C'est excellent pour tout le monde, et hilarant pour les
Algériens. Toutefois, si le parallèle avec Fellag ne vous parle pas, n'hésitez pas à le remplacer par une comparaison de votre choix, vous pouvez d'ailleurs, comme moi, vous reporter au dictionnaire des comparaisons
mais bref, revenons au truc d'avant.
Ce texte d'Eve Ensler est un recueil de témoignages réels, parfois compilés, de femmes de tous
âges, horizons et cultures, qui parlent de leur vagin. Cela va de la
petite fille de cinq ans à la vieille dame de soixante-douze qui n'avait jamais parlé de "ça" avant, en passant par la professionnelle du sexe ou la mère de famille.
La mise en scène de Tilly est sobre, et permet à Sophie Duez d'interprêter son personnage de narratrice, Eve Ensler elle-même, ainsi que les différents témoignages,
avec simplicité et justesse. Sa partition comporte aussi des moments plus libres, au cours desquels la comédienne nous livre, par exemple, un inventaire des
synonymes de "vagin", ou répertorie les différents cris de jouissance féminins, illustrations sonores à l'appui.
Pierre
Bénézit
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