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Avec Rondes de nuit, Bruno Meyssat nous introduit
une nouvelle fois dans un univers très singulier. Un
plateau occupé par un lit, une table, une baignoire
dans le genre de celle où l'on a coutume de voir Marat
poignardé, le tout agrémenté d'un invraisemblable bric
à brac qui laisse à penser que Meyssat a conçu son décor
en chinant dans les vide-greniers. Les acteurs, très
remarquables, disons-le en passant, vont et viennent,
commencent des actions dont certaines n'auront pas de
suite, alors que d'autres (comme faire exploser un pétard
dans les cabinets par exemple) seront maintes fois réitérées.
D'autres enfin prendront sens quand, opéra de Verdi
en bande-son et texte défilant en lettres rouges à l'appui,
le spectacle se donne à voir comme une déclinaison de
la préparation et de l'accomplissement du meurtre de
Duncan par Macbeth et sa femme.
Le spectacle
dont le sous-titre indique qu'il est un "essai d'un
théâtre des peurs de l'homme" prend donc comme référent
l'œuvre dont chacun se souvient qu'elle est pleine d'étranges
prophéties, de carnages et d'angoisses. Meyssat les
a reproduites sur un mode mineur où un tressaillement
vaut pour un cri et un effleurement pour un coup de
poignard.
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Rondes de nuit, essai d'un théâtre des peurs de l'homme,
composition et réalisation : Bruno Meyssat, avec Gaël
Baron, Geofffrey Carey, Elisabeth Doll, Delphine Eliet,
Pascale Mandillon, Jean-Michel Rivinoff.
Jusqu'au 2 juin à la MC 93. 01 41 60 72 72.
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