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du 17 mai au 10 juin 2001 Scène nationale de Chaillot

Théâtre de Chaillot
Pas à Deux
écrit par Lydie Salvayre 
et Charlie Kassab
Musique 
Trio Darsena Sur


Une invitation à la danse

Ce soir, c’est le bal ! Le bal de tango, au fond de la petite salle du théâtre de Bastille*. D’abord le décor : de petites tables rondes surmontées de loupiotes distillant une lumière discrètement ambrée, la chaleur des tentures de velours cramoisi. Ensuite, l’émotion : la sensualité des gestes, l’ambiguïté des paroles qui tentent de s’accrocher aux corps fondus dans une même esquisse, le tango.

Camilla Saraceni a voulu puiser dans l’essence du tango une  mise à l’épreuve du rapport à l’autre. Elle construit Pas à deux, un spectacle où danse et parole expriment l’impossible et pourtant inassouvissable dialogue de l’homme et de la femme. Pour ce projet, elle a passé commande à deux écrivains, Lydie Salvayre et Charlie Kassab. Son but était simple, introduire dans le langage des gestes la subversion de la parole. De leur côté, les écrivains étaient bien décidés à extraire le tango de la « glue sentimentale ».

Le résultat est convaincant : un montage de textes intelligent, chevauché par une palette de comédiens-danseurs aux personnalités riches, aux beautés variées, aux talents contrastés. En prime, la chorégraphie parvient à allier le hiératisme argentin au comique de cabaret. 

Certes, un tel programme n’est pas absolument original. On a vu plusieurs fois des créations alliant au tango une réflexion sur la relation homme/femme. Mais Pas à deux a un charme incontournable. Sa réussite tient sans doute au subtil parasitage qui s’établit entre propos sur la séduction et pratique amoureuse. Ici, on n’hésite pas à parer l’incontournable cruauté de la passion de son côté dérisoire, de la vanité de la souffrance et de la mesquinerie de l’amour propre. Si bien que l’on rit de ce qui dans nos vies est quelquefois tragique. Ainsi, la femme-objet devient, littéralement, un corps mort que l’homme tente d’enfermer dans une valise. Et lorsqu’elle en sort, telle une poupée de chiffon, elle n’hésite pas à se comparer à Marilyn Monroe. Quelques moulinets de jambes plus tard, elle a entraîné avec elle, au fond du sac, l’homme qui n’attendait que cet appel du pied.

On le voit, les créateurs de Pas à deux n’hésitent pas à mêler les genres et brouiller les pistes, jusqu’à ramener le tango vers la beauté triviale de la vie. Loin des sentiers mélodramatiques et sucrés, ils rendent cette danse à son côté populaire et charnel. Ils sont aidés par la présence sur le plateau d’une chanteuse magnifique, Sandra Rumolino et par les accords de la contrebasse et de l’accordéon qui rendent plus frémissants encore les pas des danseurs. 

 Virginie Lachaise

* la pièce est reprise aujourd'hui au Théâtre de Chaillot, dans le cadre du Festival Buenos-Aires Tangos, du 9 au 27 mai
Pas à deux
du 17 mai au 10 juin 2001
Scène nationale de Chaillot
salle Gémier 20h30 dimanche 14h30 dimanche 20 mai 15h 25, 26 mai : 19h Relâche le lundi
Résa 01 53 65 30 00

Plus d'infos sur le site du théâtre : www.theatre-chaillot.fr

>Pas à deux
du 04 mai au 27 juin
Ecrit par Lydie Salvayre & Charlie Kassab
mise en scène par Camilla Saraceni
Avec le Trio Darsena Sur
Théâtre de la Bastille 76, rue de la Roquette M° Bastille, Voltaire, Bréguet-Sabin.
Résa 01.43.57.42.14. 

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