>> En bref : nous avons vu

L'Apocalypse joyeuse

Déception ! Mais quelle déception ! C'est plein d'entrain et avec une confiance presque aveugle que nous allions voir l 'Apocalypse joyeuse, montée cet été au Festival d'Avignon par un Olivier Py censé nous offrir une orgie de théâtre, et un spectacle tout de poésie, de lyrisme et d'engagement politique. Une dizaine de comédiens, un décor superbe, en forme d'une immense machinerie modulable, et plus de huit heures sur les planches à composer sous un angle mi-comique, mi-tragique une ode au 20e siècle. Il n'en est rien. Outre une scénographie grandiose, qui fait miroiter dans un carmin profond toutes les facettes d'un plateau modulable, et décomposer et recomposer ainsi à l'envi l'espace scènique (grand champ, zoom avant, et progression de l'action montée en parallèle), ni le texte, ni les acteurs ne sont à la hauteur de l'ambition dramatique et poétique affichée. On se souvient avec regret d'un Requiem pour Srebrenica donné par un Olivier Py au meilleur de sa verve. AJ

L'Apocalypse joyeuse d'Olivier Py. Mise en scène : Olivier Py. Avec notamment Olivier Py, Céline Chéhenne, Yann-Joël Collin, Michel Fau, Elisabeth Mazev... Les jeudis (1ère partie) et vendredis (2nde partie) à 20h30 et les samedis et dimanches (intégrale) à 14h.
Théâtre de Nanterre-Amandiers. 7, Avenue Pablo Picasso, 92000 Nanterre, RER Nanterre préfecture. Navette assurée par le théâtre.
Du 3 au 27 mars 2001. Résa : 01 46 14 70 00

Les Paravents

Il est difficile de trouver quelque chose à redire de la mise en scène des Paravents de Genet par Bernard Bloch. Le metteur en scène, lui-même comédien, ne joue pas dans le spectacle, mais a choisi une remarquable Pléiade d'acteurs. De Christine Fersen, sociétaire à la Comédie Française à Marie Cariès qui a joué sous la direction de Stanislas Nordey, les origines sont diverses, les talents éclectiques et le résultat est très convaincant.
Le décor, sobre et bien utilisé, allie le concret de la matière brute avec la dose d'abstraction requise pour évoquer le bled et la médina de cette Algérie fantôme dont il est question dans Les Paravents. Le spectacle, enfin, parvient au point d'équilibre entre réalisme et fantasmagorie et sert ainsi remarquablement la pièce de Genet.
Mais alors. Comment se fait-il que l'on n'en sorte pas si enthousiaste que cela? Peut-être à cause des longueurs du texte, du léger statisme de la mise en scène ? Toujours est-il que le spectacle laisse le souvenir d'un travail solide mais qui manque un peu d'inattendu. J.F

Les Paravents de Jean Genet, mise en scène de Bernard Bloch, avec Christine Fersen, Michèle Gleizer, Dominique Gubser, Marie Cariès, Michèle Oppenot, Bénédicte Charpiat, Pascal Bongard, Jean-Charles Fontana, Liazid Khimoun, Vincent Colombe, Franck Semelet, Jcques Pieller, Jacques Maeder, Pascal Elso, Jonathan Kerr.
Jusqu'au 4 février au Théâtre de Nanterre - Amandiers. Réservations au 01 46 14 70 00.