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Autour de Novarina

L’Origine rouge
>lire la chronique de L'Origine rouge
>lire l'entretien que nous avait accordé Dominique Pinon

Toutes les chroniques des pièces de Valère Novarina sont accessibles via le moteur de recherche en home de la rubriques scènes.

>>lire Pour Louis de Funès de Valère Novarina, mise en scène Renaud Cojo, montée à la Bastille la saison 98/99.

Autres liens
>le site des éditions P.O.L.
www.pol-editeur.fr présente Valère Novarina.

>le site de Valère Novarina.

 

L’Opérette imaginaire
Texte de Valère Novarina
mise en scène de Claude Buchvald


Les mots voraces de Novarina

C'est dans un décor significatif en bois de sapin que se joue L'Opérette imaginaire de Valère Novarina : une opérette dont il ne demeure que le squelette, ce "petit reste restant" qui s'engage d'emblée dans un rythme hallucinatoire de sabbat burlesque.

Ici, on mange la chair juteuse des mots, le verbe à déguster s'apparente aux mets servis parmi les cannibales... Pas étonnant d'ailleurs, quand on sait que Claude Buchvald signe la mise en scène de ce petit chef-d'oeuvre, après avoir travaillé sur Le Repas.

Novarina l'affirme, "le théâtre doit être le lieu où se détruit la littérature...". Il y parvient en accomplissant l'exploit de ciseler dans le langage un joyau poétique. Le corps entier des comédiens repose dans cette parole, toute entière donnée à mastiquer au spectateur qui s'en repaît. Durant trois heures, ce sont inquiétantes et hilarantes ripailles dont on ne sort pas rassasié : on en redemande.

"J'appelle réel tout ce qui vient mordre". Ce postulat détermine la totalité de l'univers à la fois fantastique et truculent de Novarina. Chaque mot constitue soit un orifice, soit une nourriture. Il s'agit de manger le monde. Comment ? En le prononçant dans son entier. D'où l'amour passionnel pour les listes, les énumérations, les néologismes et surtout, le jeu vertigineux avec tous les moyens d'expression dramatique. Tramés ensemble on retrouve les schémas de la tragédie classique, de la chanson réaliste, de la commedia dell'arte, du drame shakespearien. Et c'est comme tracée avec la pointe sèche d'un crayon, seulement esquissée en somme, que cette admirable cacophonie se trouve elle-même enserrée dans le cocon d'une "opérette imaginaire".

Comme au cirque, on assiste aux exercices de mémorisation infligés aux acteurs, qui, tels des acrobates se mettent en danger de manquer un mot informulable et risquent de tomber dans le vide du sens. Plus tard on exulte aux airs de la "chanson qui déborde, chantée par un qui l'a vécue", de la "chanson du drame, chantée dans on bain", de la "chanson à son gigot d'Pontoise, par un gars d'Cholet" ou de la "chanson contre Autrui chantée par moi-je".

Que dire encore, sinon suivre les exhortations de la Femme Pantagonique : "Allons manger de l'homme hors de la langue des hommes!". Allons, allons au théâtre !


Virginie Lachaise

L’Opérette imaginaire
De Valère Novarina
Mise en scène : Claude Buchvald
Musique : Christian Paccoud
Avec : Michel Baudinat, Didier Dugast, Laurence Mayor, Elizabeth Mazef (en alternance avec Claude Buchvald), Claude Merlin, Christian Paccoud, Dominique Parent, Nicolas Struve, Valérie Vinci, Daniel Znyk
Théâtre des Bouffes du Nord
37 bis, bd la Chapelle-75010
du 27 février au 25 mars à 20h30
dimanche 16h
tel : 01 46 07 34 50
NB : L'Opérette imaginaire a été créée en Résidence au Quartz de Brest en 1998. La pièce a notamment été présentée la même année au théâtre de la Bastille dans le cadre du Festival d'automne à Paris.


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