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en tournée (voir quelques dates ci-dessous)

Novecento
d'Alessandro Baricco
mise en scène de Franck Cassenti
avec Jean-François Balmer


Ne risquions-nous pas d’être extrêmement déçu par cette adaptation d’un texte dévoré ? Il n’en est rien. Toute la magie de la fable est là, magnifiée par l’interprétation de Balmer et une musique spécialement composée par Aldo Romano.

symbiose du jazz et de la java

Crissent les pages du Figaro, rajustez, cravates. Au delà de la cohue de notables, un public composite et qui a l’heureux mérîte de brasser les milieux, ce qui n’est pas le cas de toutes les scènes, se presse aux abords des caisses de la Pépinière. Il est presque 21 heures. La pièce de Balmer a bénéficié d’une excellente promotion depuis plus d’un mois qu’elle est à l’affiche. Le bouche à oreille a du opérer, par delà les publicités largement placardées dans les couloirs du métro et la presse unanimement convoquée. 

Rendez-vous sur scène secrètement désiré et craint, comme après toute grande lecture, il se trouve que pour qui a lu le magnifique texte d’Alessandro Baricco, l’interprétation sur scène du tonitruant Novecento est un événement vibrant. Des retrouvailles à la fois heureuses et fidèles. Après quelques minutes d’une entrée en scène certainement trop littérale où, déguisé en une sorte d’auvergnat, l’acteur se contente de raconter le texte sur un mode mi cabotin, mi comique, Balmer explose, il se fait conteur et comédien : et Baricco de renouveler sa magie comme au premier jour. Les métaphores nous bercent et réfléchissent l’immensité de la mer, la gamme vertigineuse de la musique faite vie. Nous ballottant de l’infini au fini, du fini à cet infini, c’est toute l’humanité qui se joue en effet dans cette fable délicieusement métaphysique, campée à l’espace d’un paquebot, à l’échelle du piano. 

« Moi qui n’avais pas été capable de descendre de ce bateau, pour me sauver moi-même, je suis descendu de ma vie. Et chaque marche était un désir. A chaque pas, un désir auquel je disais adieu. Je ne suis pas fou, mon frère. On n’est pas fou quand on trouve un système qui vous sauve. On est rusé comme l’animal qui a faim. La folie, ça n’a rien à voir. C’est le génie, ça. La géométrie. La perfection. »

Auteur vedette en Italie, Prix médicis étranger pour les Châteaux de la colère en France, Baricco a connu un succès énorme en Europe avec Soie, qui a caracolé en tête des ventes de longs mois durant. Novecento : pianiste a été publiée par les mille et une nuits en 1994 et a été de nombreuses fois réimprimée. Toute la magie de la fable jazz est là, magnifiée par l’interprétation de Balmer et une musique spécialement composée par Aldo Romano, non pas de jazz justement. Mais vibrante de souffle telle celle de Richard Galliano et revivifiant les sources du tango argentin, bandonéon et clarinette à fleur de peau. Et qui confirme la rengaine : Quand le jazz et là, la java, la java, s’en va…Quand la java est là… Et vive la symbiose !

Arnaud Jacob

Novecento
D’Alessandro Baricco
Mise en scène de Franck Cassenti
Avec Jean-François Balmer
Musique d’Aldo Romano 
Saxo : Jean-Pierre Thirault
Bandonéon : William Sabatier

Tournée : quelques dates
COMPIEGNE (60) - Espace Jean Legendre (Compiègne) le 17 octobre 2001
CLAMART - Centre Culturel Jean Arp (Clamart) le 7 novembre 2001
ROUEN (76) - Théâtre de la Pie Rouge (Rouen) du 16 au 21 janvier 2001
SARTROUVILLE - Théâtre de Sartrouville (Sartrouville Cedex) du 22 au 23 novembre 2001


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