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Ils sont là, échoués dans ce bar désert, dans ce cul-de-sac
de leur errance sordide. Roberta veut discuter, Danny
ne sait que frapper. Ils sobservent, prêts à bondir.
Ils désirent aller plus loin, toujours plus loin dans
la négation de leur être. Ils saffrontent, mais
aucune violence ne suffit à apaiser leur haine.
Alors,
le temps dune nuit, ils jouent à saimer,
à se confier, à se pardonner, les yeux dans la lune.
Comme des enfants, car cest le seul moyen quils
ont pour séchapper de lhorreur du présent.
Ils veulent sapproprier pour un instant le contrôle
de leur vie. Il leur faut marquer un temps de pause
dans cette danse de mort.
Mais
on ne rêve que la nuit.
La culpabilité,
le doute, la peur se réveillent à la lumière du jour.
Dans
cette histoire, on ne triche pas avec la détresse. Lamour
ny est plus un viatique pour
le bonheur. Il offre seulement lopportunité
dun lendemain, dun avenir incertain mais
néanmoins possible. Il est synonyme de naissance à la
vie pour ceux qui ne savent que survivre.
Léa Drucker et Eric Poulain le font naître devant le
spectateur médusé par temps de violence. Leurs corps
se mêlent, leurs mots senlacent dans une confrontation
sans concession. Ils ne jouent pas, ils incarnent ces
êtres désespérés qui saccrochent lun à lautre
dans un dernier sursaut vital. Et la lecture méticuleuse
et passionnée quoffre John Pepper accentue cette
mise en abîme. Il fait de ces personnages tour à tour
des bêtes fauves, des enfants, des figures christiques,
des cyniques.
Et la souffrance est omniprésente, presque palpable :
lamour de
Roberta et Danny nest que le début dun espoir,
pas une certitude
El
Bolcho
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