Tout le
monde connaît largument de Cuisine et dépendances, et ceux qui nont
pas assisté à la pièce créée en 1991 ont en général vu le film
Dès lors,
pourquoi remonter ce spectacle ? Le pari semblait risqué et surtout inutile, tant
les esprits ont été marqués par les premiers interprètes Bacri, Jaoui et Zabou.La réussite ne fait pourtant aucun doute : si la mise en scène de
Patrick Blandin nest pas très inventive, elle respecte les auteurs et lesprit
de la création dorigine avec bonheur. De plus, linterprétation très
talentueuse, même si elle est parfois clairement sous influence, constitue une vraie
raison de redécouvrir cette comédie grinçante et mordante.
Sous lapparente légèreté, cest une critique sociale
et humaine qui se dessine : un dîner avec une star de la télévision qui
narrivera jamais mais qui cristallise autour delle jalousie, rancur et
amertume, rassemble des convives qui se retrouvent dans la cuisine et règlent leurs
comptes.
La configuration du théâtre qui est une salle de restaurant
donne limpression au public dêtre lui-même convié à cette réception et
crée un réel phénomène dempathie qui est pour beaucoup dans la réussite de ce
spectacle : on rit des personnages tout en riant de soi, et de ses propres travers.
Rien de très novateur donc dans ce spectacle, mais lensemble fonctionne
parfaitement et se laisse voir avec un grand plaisir.