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Théâtre de la Tempête
Le Concile d'amour
d'Oscar Panizza

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Le Concile d’amour
d’Oscar Panizza est une pièce qu’on semblait avoir oubliée depuis quelques décennies. C’est donc à Serge Sàndor que revient le mérite de l’exhumer aujourd’hui. Il l’a mise en scène avec des acteurs non-professionnels : exclus, SDF, précaires de tous horizons. La saison dernière, il avait déjà monté un projet d’insertion à partir des Bas-Fonds de Maxime Gorki qu’il avait présenté au Théâtre national de Chaillot. La pièce semblait alors appeler d’elle-même ce traitement théâtral particulier : la situation décrite par Gorki dans Les Bas-Fonds n’étant parfois que trop bien connue de ceux qui la jouaient.

Cette fois, c’est tout différent : Le Concile d’Amour est une pièce allégorique. En 1495, Dieu le Père, rendu furieux par les débordements sexuels des hommes et en particulier par la cour du Pape Alexandre Borgia, connu aussi sous le nom d’Alexandre VI, décide de punir l’humanité par là où elle a péché, c’est-à-dire, de lui envoyer une maladie terrible, une maladie que les hommes se transmettraient au moyen même de l’acte de chair, acte haïssable s’il n’est pas justifié par le Saint désir de procréation. Et voilà donc comment, selon Panizza, la Syphilis vint empoisonner la vie des hommes, en Italie d’abord, en Allemagne et en France, ensuite.

Publiée dans les dernières années du XIXe siècle, une telle pièce valut à son auteur une condamnation à un an de prison par le tribunal de Munich : Panizza finit ses jours enfermé dans un hôpital psychiatrique. Serge Sàndor a su magnifiquement mettre en avant la charge satirique contenue dans la pièce, en accueillant le spectateur dans un espace au décor surchargé de bondieuseries, au son de prières chuchotées. Le dispositif scénique, bi-frontal, ne laisse pas de le perturber, puisqu’il doit, sans cesse, tourner la tête de droite à gauche pour suivre les différentes apparitions. La scénographie, l’utilisation de masques, de marionnettes, le travail des couleurs, des lumières, les tableaux vivants et les chœurs qui tiennent certains rôles, notamment celui du diable, forment un ensemble exubérant  qui s’allie remarquablement de la double nature du texte d’Oscar Panizza : tout à la fois burlesque et tragique.


Julie de Faramond

Le Concile d’Amour 
Jusqu’au 14 mai au Théâtre de la Tempête.
Texte d’Oscar Panizza, mise en scène par Serge Sàndor, avec la Compagnie du Labyrinthe.
110 F et 80 F, mercredi tarif unique 50 F
Résa 01.43.28.36.36


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