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au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis
jusqu’au 8 octobre

Il faut faire plaisir aux clients
mise en scène de Marie Vayssière d’après François Rabelais


Quel dilemme que celui de Panurge ! Doit-il ou non se marier sachant que si d’un côté son célibat l’accable, de l’autre, il y a de grands risques que marié, il devienne cocu. Telle est la question que les personnages de Rabelais posent dans le Tiers et le Quart Livre. C’est ce problème insoluble que Marie Vayssière a mis en scène dans "Il faut faire plaisir aux clients". C’est aussi une gageure que d’adapter Rabelais dans une espèce de salle de classe aux murs nus et en costume contemporains.

Les termes de l’alternative sont posés sans que soient représentées ni anecdotes exemplaires ni histoires grivoises ou édifiantes. Ce n’est pas à une expérience comme celle de "La Dispute" que le spectateur est convié.
Pourtant Marie Vayssière ne s’en tient pas à une simple joute oratoire. Les personnages s’apostrophent, se contredisent et tentent en vain de convaincre Panurge de renoncer à son projet de mariage qui, en désespoir de cause s’en va consulter la Pythie puis l’oracle de la Dive Bouteille. Ces épisodes seront évoqués par le déploiement de gigantesques cartes, seront racontés ou même mimés dans un constant refus de l’illusionnisme.

Le décor ressemble à quelque chose comme une salle de classe (jésuite ?) dans laquelle Panurge viendrait consulter une assemblée savante composée de Pantagruel, Epistémon et Frère Jean. Seul Panurge est nommé, ni le géant, ni le moine bon vivant et bagarreur ne sont reconnaissables. Epistémon, enfin, ressemble plus à un ex-premier de la classe devenu cadre en entreprise qu’à un humaniste érudit. Une femme à la poitrine généreuse qui tient un rôle quasiment muet mais qui représente l’enjeu même du débat complète le tableau. Décors et costumes s’associent dans une même neutralité et un commun refus de la reconstitution historique.

Marie Vayssière tient son pari haut la main. La représentation parvient, ce qui est paradoxal, à une sorte d’épure sans jamais s’éloigner de Rabelais.

Julie de Faramond

Il faut faire plaisir aux clients, mise en scène de Marie Vayssière d’après François Rabelais, avec Ludmilla Riba, Dominique Collignon-Maurin, Christian Esnay, Pit Goedert, Laurent Martial, jusqu’au 8 octobre au Théâtre Gérard Philippe de Saint Denis. 
Places : 50 Fr, Réservations au 01 48 73 70 00.


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