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De tous les textes dont l'énonciation donne la scansion
des Cantates, c'est celui de Dante qui semble
avoir le plus inspiré François Tanguy. Tout se passe
comme si, nouveau Virgile, il faisait apparaître des
ombres qui évoquent soit des rois shakespeariens sans
suite et sans armée qui monologuent dans la pénombre,
soit des personnages d'un théâtre de foire, mi-bateleurs,
mi-héros tragiques le visage enduit de blanc qui escaladent
les tables et gesticulent sans que leurs gestes et leurs
paroles ne soient parfaitement déchiffrables. Autant
de fantômes venus témoigner de formes disparues.
Sur la scène, chaises et tables qui semblent tout droit
sorties d'une classe de dessin sont disposées de façon
à souligner la ligne de fuite de cet espace dont la
profondeur est ainsi accentuée. Des châssis sont disposés
debout contre le mur, et des acteurs viennent porter
face au public des toiles peintes, panneau d'un décor
qui se veut en perpétuel inachèvement. Autant les figures
incarnées par les acteurs paraissent surgir d'une Atlantide
engloutie, autant l'espace scénique semble en attente
d'un achèvement sans cesse repoussé, ce qui laisse le
spectacle dans une temporalité flottante, une intempestivité
revendiquée.
La musique, très présente, allant jusqu'à couvrir la
voix des comédiens, donne une troisième dimension au
spectacle. Profane ou sacrée, airs d'opéra, séance de
travail de Hanns Eisler, la musique est elle même fragmentaire,
mais, curieusement, cette l'alternance entre morceaux
lyriques, silences et voix, loin de provoquer une impression
de discontinuité renforce la cohésion du spectacle.
Avec rigueur et obstination, François Tanguy n'en finit
pas d'interroger les formes.
Julie
de Faramond
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de Flu.
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Cantates
Mise en scène de François Tanguy, avec Frode Bjornstad,
Laurence chable, Fosco Crlano, Katja Flei, Erik gerken,
Muriel Hélary et Karine Pierre.
Jusqu'au 17 juin au Jardin des Tuileries
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