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Jusqu'au 17 juin au Jardin des Tuileries

Les Cantates
Mise en scène de François Tanguy


De tous les textes dont l'énonciation donne la scansion des Cantates, c'est celui de Dante qui semble avoir le plus inspiré François Tanguy. Tout se passe comme si, nouveau Virgile, il faisait apparaître des ombres qui évoquent soit des rois shakespeariens sans suite et sans armée qui monologuent dans la pénombre, soit des personnages d'un théâtre de foire, mi-bateleurs, mi-héros tragiques le visage enduit de blanc qui escaladent les tables et gesticulent sans que leurs gestes et leurs paroles ne soient parfaitement déchiffrables. Autant de fantômes venus témoigner de formes disparues.

Sur la scène, chaises et tables qui semblent tout droit sorties d'une classe de dessin sont disposées de façon à souligner la ligne de fuite de cet espace dont la profondeur est ainsi accentuée. Des châssis sont disposés debout contre le mur, et des acteurs viennent porter face au public des toiles peintes, panneau d'un décor qui se veut en perpétuel inachèvement. Autant les figures incarnées par les acteurs paraissent surgir d'une Atlantide engloutie, autant l'espace scénique semble en attente d'un achèvement sans cesse repoussé, ce qui laisse le spectacle dans une temporalité flottante, une intempestivité revendiquée.

La musique, très présente, allant jusqu'à couvrir la voix des comédiens, donne une troisième dimension au spectacle. Profane ou sacrée, airs d'opéra, séance de travail de Hanns Eisler, la musique est elle même fragmentaire, mais, curieusement, cette l'alternance entre morceaux lyriques, silences et voix, loin de provoquer une impression de discontinuité renforce la cohésion du spectacle.

Avec rigueur et obstination, François Tanguy n'en finit pas d'interroger les formes.

Julie de Faramond

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Cantates
Mise en scène de François Tanguy, avec Frode Bjornstad, Laurence chable, Fosco Crlano, Katja Flei, Erik gerken, Muriel Hélary et Karine Pierre.
Jusqu'au 17 juin au Jardin des Tuileries


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