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En tournée tout l'été

Brumes
Cirque Les oiseaux fous
Mise en scène de Raymond Peyramaure
Avec Roberto Magro, François Juliot, Elodie Donaque ...


Manque d'objectivité pour raisons personnelles.
Les Oiseaux Fous sont à Paris : je bouillonne.
Mon invitation entre les mains, dopée à l'adrénaline depuis 15 heures, je fais la queue place de l'Arsenal.
Je pense aux livres épuisés, bien planqués derrière les murs de la bibliothèque. Je les envie. Entrée sous le chapiteau : trou noir.
Faire comme si de rien.
Atteindre une place, s'y asseoir, observer l'espace comme on observe dans ces cas là. De la brume au sol - Est-ce moi qui… ? Non. - Et là haut, tout là haut, d'étranges cocons de paille ou de planches… très beaux.
Je bouge un peu sur mon banc. C'est le soir des journalistes ; près de moi, une femme sort un petit carnet. J'ai envie de frapper quelqu'un.
Ca commence :
Une compagnie bariolée investit la piste, chacun rythmant ses propres pas avec des baguettes… tachycardie de percussions.
Au ciel, sortent doucement des êtres loqueteux, aux gestes prompts, aux regards vifs et curieux.
Au sol, ça continue de se poursuivre et de courir en tout sens.
Les quatre musiciens de jazz ont pris leurs places. La musique enfle tandis qu'au dessus de nos têtes, une fluette équilibriste parcourt, nerveuse et agile, un fil tendu.
A ce moment là, il faut accepter de ne pas comprendre, de ne saisir que des bribes de ce qui a lieu en chaque endroit… Prendre le temps de se laisser étourdir par le nombre des mouvements qui fusent de toute part… et lentement pénétrer cet univers de geste et de langage.
L'histoire se dessine peu à peu : La rencontre accidentelle et accidentée entre les hauts perchés des sphères et les habitants des brumes terrestres. Les numéros se resserrent. On apprécie la qualité des techniques acquises et plus encore la façon dont les individualités s'expriment à travers elles.
Le style, autrement dit.
D'un brutal et magnifique instant de trapèze, aux grâces aériennes des femmes encordées, en passant par un passing désarticulé, sans compter les jeux d'échasses et d'échelle, on plonge dans l'étrange. Un monde de spectacle où tout est bon à manier :
techniques de danse, théâtre d'ombres, jonglerie et acrobatie, sans omettre les costumes- de petites merveilles - et les voix des acteurs (cris, chuchotements, pleures et plaintes).
A ceux qui reprochent à la mise en scène son manque de clarté, le titre de Brumes, répond de lui même. Quand aux "longueurs" dont se plaignent certains critiques, elles ne sont que l'apanage de ceux qui prennent le temps de chercher, ostensiblement ailleurs, loin des sentiers balisés du cirque traditionnel.

Je suis repartie un peu meilleure, abandonnant sous les gradins mes raisons personnelles qui n'avaient plus lieu d'être.

La mouche

Le cirque des Oiseaux fous passera-t'il dans votre ville ? Pour + d'infos, écrire à : les-oiseaux-fous@wanadoo.fr
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