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Manque d'objectivité pour raisons personnelles.
Les Oiseaux Fous sont à Paris : je bouillonne.
Mon invitation entre les mains, dopée à l'adrénaline
depuis 15 heures, je fais la queue place de l'Arsenal.
Je pense aux livres épuisés, bien planqués derrière
les murs de la bibliothèque. Je les envie. Entrée sous
le chapiteau : trou noir.
Faire comme si de rien.
Atteindre une place, s'y asseoir, observer l'espace
comme on observe dans ces cas là. De la brume au sol
- Est-ce moi qui… ? Non. - Et là haut, tout
là haut, d'étranges cocons de paille ou de planches… très
beaux.
Je bouge un peu sur mon banc. C'est le soir des journalistes ;
près de moi, une femme sort un petit carnet. J'ai envie
de frapper quelqu'un.
Ca commence :
Une compagnie bariolée investit la piste, chacun rythmant
ses propres pas avec des baguettes… tachycardie
de percussions.
Au ciel, sortent doucement des êtres loqueteux, aux
gestes prompts, aux regards vifs et curieux.
Au sol, ça continue de se poursuivre et de courir en
tout sens.
Les quatre musiciens de jazz ont pris leurs places.
La musique enfle tandis qu'au dessus de nos têtes, une
fluette équilibriste parcourt, nerveuse et agile, un
fil tendu.
A ce moment là, il faut accepter de ne pas comprendre,
de ne saisir que des bribes de ce qui a lieu en chaque
endroit… Prendre le temps de se laisser étourdir
par le nombre des mouvements qui fusent de toute part… et
lentement pénétrer cet univers de geste et de langage.
L'histoire se dessine peu à peu : La rencontre accidentelle
et accidentée entre les hauts perchés des sphères et
les habitants des brumes terrestres. Les numéros se
resserrent. On apprécie la qualité des techniques acquises
et plus encore la façon dont les individualités s'expriment
à travers elles.
Le style, autrement dit.
D'un brutal et magnifique instant de trapèze, aux grâces
aériennes des femmes encordées, en passant par un passing
désarticulé, sans compter les jeux d'échasses et d'échelle,
on plonge dans l'étrange. Un monde de spectacle où tout
est bon à manier :
techniques de danse, théâtre d'ombres, jonglerie et
acrobatie, sans omettre les costumes- de petites
merveilles - et les voix des acteurs (cris, chuchotements,
pleures et plaintes).
A ceux qui reprochent à la mise en scène son manque
de clarté, le titre de Brumes, répond de lui
même. Quand aux "longueurs" dont se plaignent certains
critiques, elles ne sont que l'apanage de ceux qui prennent
le temps de chercher, ostensiblement ailleurs, loin
des sentiers balisés du cirque traditionnel.
Je suis repartie un peu meilleure, abandonnant sous
les gradins mes raisons personnelles qui n'avaient plus
lieu d'être.
La
mouche
Le cirque des Oiseaux fous passera-t'il dans votre ville
? Pour + d'infos, écrire à : les-oiseaux-fous@wanadoo.fr
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de Flu.
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