Comment éviter à coup sûr le tapage nocturne
L'objet de cette analyse consiste - les moins cons
d'entre vous l'auront compris - à étudier les techniques les plus subtiles permettant
d'éviter le tapage nocturne.
C'est donc après de longues heures passées en
laboratoire à dompter la science, manier cosinus, sinus, et autres théorèmes de mon
invention, que je fus foudroyé par le génie dont ma mère pourrait vous parler jusqu'à
mourir de soif. bref.
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I
Organisez une fête, apéritif dînatoire, ou
autre réception que sais-je, invitez vos amis les plus gais et rieurs; si vous n'avez pas
d'amis, alors mon diagnostic est formel, vous n'êtes qu'un sac de fiel, un réservoir de
pus rongé par la pire des maladies, une tête à claques, un cloporte à l'haleine
putréfactaire, un résidu vomitif infâme de cette société complètement pourrie je
vous chie dess... pardon... je m'emporte...je ne pensais pas ce que je viens de dire...
je... je vous conseille vivement de contacter des associations de réinsertion sociale
pour les cons qui ne sont même pas foutus... bref
Demandez à vos amis d'être le plus bruyants possible. Si vos amis ont le sens de
l'humour et de la fête, ils entonneront spontanement "Casimir" et
"Capitaine flam"
Laissez cuire la soirée jusqu'aux souvenirs de lycée.II
Vos voisins, honnêtes par définition depuis
des générations, appellent la police vers 23H, car, après le film avec Charles Bronson
ou Louis De Funès diffusé sur la chaine des charcutiers, une pastille Valda, les mots
croisés de Guy Brouty et au lit.
III
La police arrive. Vous ouvrez.
Trop de bruit.
C'est à ce moment là qu'il faut être habile...
"Ah m'sieur l'agent...vous comprenez, je suis avec mes copains de régiment, on s'est
pas r'vus depuis la quille les gars et moi...c'est vrai qu'on f'sait un peu
d'bruit..."clin d'oeil "Vous voyez c'que je veux dire...vous savez c'que c'est
m'sieur l'agent".
Vous venez sans le savoir de toucher la corde sensible, vous jouez sur son terrain, la
camaraderie masculine, la franche rigolade troupière, l'agent est déstabilisé et ça se
voit, son visage règlementaire s'éclaire d'un sourire de la marque "la France va
bien", que les présentateurs des journaux télévisés utilisent aussi pour rassurer
mamie lors d'une transition entre un sujet sur la guerre-dans-le-monde et un reportage sur
la réfection bénévole d'un clocher de campagne par des boyscouts ravis.
Le tour est joué.
"Bon...allez les gars...ça va mais essayez de pas trop abuser...on dit ça...c'est
pas pour nous hein...c'est not' boulot...allez...salut les gars" clin d'oeil
Vous avez ainsi évité le tapage nocturne.
Roger Suchard

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