bismillah
On
arrive à l'heure prévue, retard dans le service, atterrissage au bar. Le patron
nous offre l'apéro et entame une discussion sympa entre deux bouffées de cigarette et
douze essuyages de verre. Un bon point.
Finalement, nous nous installons à notre table.
On jette un il
et une narine. La déco, style médina de
Disneyland est d'assez bon goût : tapis bigarrés au plafond, ferronneries
torsadées devant la vitrine, cendriers en terre cuite et morceaux de carrelage
mélange bien dosé d'objets importés de Fez et de la rue de la
Roquette.
Avant de dégainer nos fourchettes, nous nous
imprégnons de l'odeur épicée sortant de la cuisine. Miel, genévrier,
menthe, cumin. Mon imagination s'emballe, stimulée par
les fragrances de l'Atlas. Juste le temps de déguster un verre de Guerrouane
rouge et la commande arrive fissa. Salade de poivrons et salade
d'aubergines, "starters" typiques de la cuisine arabo-andalouse,
c'est à dire berbère.
C'est frais et relevé,
d'aucuns auraient qualifié le goût de "revienz'y".
Mais nous n'y revenons pas, réservant notre
gourmandise et notre appétit pour les tajines, servis dans des plats
à tajine qui, une fois ouverts devant vous, délivrent un fumet des plus
enivrants. Encore quelques verres de Guerrouane afin de laisser
le plat tiédir et la fumée s'évaporer. Les morceaux de viande se
cachent sous des pruneaux, des amandes ou des poivrons.
Pas une once de gras. Elle est tendre et se détache
délicatement des os (j'ai quand même fais une tâche sur ma chemise, mais c'était à
cause d'une aubergine récalcitrante).
Nous étions tous du même avis :
c'était délicieux.
D'aucuns auraient dis "boncomlabadi".
Bien sûr, on peut aussi manger des couscous au Petit
Cahoua.
Nous ne les avons pas goûtés cette fois-ci mais nous n'y manquerons pas dès que
l'occasion se représentera. Le cuisinier est marocain, nous a-t'on
précisé, je ne doute donc pas qu'il excelle dans la réalisation de ce plat national.
Mention particulière à l'équipe, très
souriante et disponible, qui saffaire avec décontraction. D'accord, on nest
pas loin des brancheries de Bastille, mais, malgré le mouvement, on
passe un moment très agréable.
Bref, après ce festival de saveurs et deux (ou trois, je ne sais plus)
bouteilles de Guerrouane nous sommes sortis le cur léger et le ventre plein, pour
enchaîner sur quelques bars dont je vous parlerai dans une prochaine chronique
gastronomico-éthylique.