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| OPINION |
"I
opened the Libé and what did I see ?
[They're] comin' for to carry me away,
A full-page advert on wine from Burgundy,
[They're] comin' for to carry me away."
Ancien negro spiritual |
| D'accord, tu as compris. Je l'ai inventée, cette
chanson (tu es plus fort que moi !). Pourquoi ? Folie de lundi matin ?
Peut-être. Stérilité intellectuelle concernant tout contenu Web de valeur ? Probable.
Référence délirante aux pratiques hallucinantes des annonceurs dans le Libé
depuis peu ? Sûr. Mais surtout par réaction aux gros titres
d'une page de publicité dominée par un verre de vin rouge. Page 7 du Libération (lundi 19 octobre 1998) se consacre - geste non sans bénéfices lucratifs pour sûr - aux éloges d'un des vins
les plus chéris de la douce France, le Bourgogne. Et si tu ne savais pas : "Le
Bourgogne, c'est LE vin. La France est le pays du vin". Bon, c'est normal, c'est
une pub. Mais quoi ? Qu'est-ce qu'ils nous sortent en gros titres ? "Les vins de
Bourgogne sont japonais".
Une belle pub, tout est là. A part le bouquet habituel d'odeurs
publicitaires accablantes, remarque bien les stéréotypes qui font impact en fin de
bouche - "Les japonais [en consomment] de plus en plus. Oui, les japonais [...]
Etonnant, non ?" (Dis-donc !) - et les couleurs ambrés de
national-régionalisme sur lequel repose irrémédiablement, et dans les nomenclatures
mêmes, toute référence française au patrimoine gastronomique et nologique de la
France.
Pourtant, ce ballon de bon petit rouge dans le bon petit rouge,
sans trop le savoir, remet en cause notre fierté des vignes du terroir français. |
Tu veut continuer ? Ah, là, tu me
flattes...
Pour continuer, il suffit de répondre aux questions en bas de
chaque page.
Correctement, bien-sûr.
Les Bourgognes sont en
majorité des vins rouges...
Vrai ou faux ?
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vin@fluctuat.net
Appellation Paris Contrôlée |
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...et même
réconciliateur puisque le journal a perdu une certaine crédibilité en matière de vin
suite à son traitement de nombre d'affaires de fraudes où il est accusé d'avoir "causé
un préjudice considérable" à certains domaines de la région bourguignonne.
A titre d'exemple, l'affaire de la récolte 97 des Hospices de
Beaune. En 1997, un journaliste a soumis un article rapprochant les pratiques
d'acidification et de chaptalisation du domaine, accusation mal fondée et incohérente à
l'égard de la loi et de la conclusion d'une inspection spécialisée de l'administration
des fraudes. La publication de cet article était considérée par le milieu du vin comme
une erreur grave suscitée par l'ambition personnelle du journaliste concerné et non pas
par la recherche pour la vérité :
"...l'article de Libération a causé un préjudice
considérable à ce prestigieux domaine [Hospices de Beaune] pour la seule raison que
l'auteur...avait un scoop à rattraper. Pourtant, s'il s'agit seulement de dénoncer les
affaires de vins frelatés, ce ne sont pas les exemples qui manquent."
Cuisine & Vins de France, Hors-série vins,
septembre - octobre 1998.
Article : Une fraude peut en cacher une autre, pp.14-15.
Le Libération avait bien du terrain à rattraper.
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