| Imagine un rosé non pétillant dans une
bouteille transparente, style Martini, au bouchon à vis. Ca, c'est du champagne.
A la suisse. Provenant d'un petit village de 650 habitants dans le canton de Vaud, qui
s'appelle Champagne depuis 155 après J.C. Sagement vendu comme du "Bon Villars"
autrefois, les producteurs vaudois l'ont récemment renommé d'après leur village.
Normal. Simple obsession suisse de la logique à la précision d'une horloge ? La contestation des producteurs français dépasse le problème du tarif de
ce petit vin suisse, vendu au prix d'un Champagne 1er Prix. "Plus une question de
principe que d'enjeux économiques", dit-on. Le Cauchemar des champenois : voir
arriver "des savons ou des biscuits sous la marque Champagne" - Daniel
Lorson, CIVC. Quelle horreur ! |
Les opposants :
Champagne AOC, (Marne/Aube/Aisne), France
30 544 ha
268 939 971 bouteilles
Champagne (anciennement
Bon Villars)
Vaud, Suisse
28 ha
10 000 bouteilles |
| Mais ça risque quand même de remonter
jusqu'à un niveau diplomatique... Le Président Chirac,
promoteur et défenseur de l'Industrie française et actuellement en voyage d'Etat en
Suisse, promet d'aborder le sujet avec le Président Cotti de la Confédération Suisse.
Il s'agit peut-être d'une contrevention du traité, dont les suisses sont co-signataires,
sur la reconnaissance des appellations d'origine contrôlées (AOC), qui reconnaît
l'existence des deux origines mais qui ne permet pas l'usurpation de la notoriété de
l'un ou de l'autre. Mais pour dix milles bouteilles, nom d'un... vin ?
Les avocats du CIVC (Comité interprofessionnel des vins de
champagne) et la DGCCRF (Direction des fraudes) préparent leurs dossiers juridiques. Les
Présidents discutent. Quelques 3000 bouteilles dans les magasins Casino ont
été saisies. Grosse embrouille transalpine en pleine escalade ? Il faudra attendre la
décision le 10 décembre de la procédure engagée par la DGCCRF à Saint Etienne pour
voir si les champenois sortent encore une fois vainqueurs. |