Le Patrimoine techno
(cocorico
!)
Ce
dernier week-end d'été (d'après les météorologistes) fut riche en célébrations.
Pendant que la fête électronique battait son plein, le pavé et les dancefloors, la République invitait son peuple à fouler le parquet de ses ministères, de ses
châteaux et de ses administrations. Cathy ne savait plus ou donner de la tête et Jacky
Baby, plus punchy que jamais, se réjouissait sur toutes les ondes de la popularité
grandissante de ses deux inventions : la Techno Parade et les journées du Patrimoine. Un
hasard du calendrier bienvenu pour la culture citoyenne et populaire.
Il est amusant de
constater que la musique électronique dispose désormais d'une journée nationale. Elle a
généré un mouvement techno, reconnu aujourd'hui comme "la culture techno".
Les Dj's français ont réussi à imposer leur son et leur style, que n'importe quel
clubber averti peut reconnaître dans les boites de Londres ou de Barcelone. La presse spécialisée anglaise, depuis les
"Homeworks" de Daft Punk, se plait à dénicher régulièrement les tout
nouveaux porte-drapeaux du son tricolore et est toujours prompte à fabriquer des
révélations de l'année.
Avez-vous remarqué le
nombre de soirées "french touch", "open french labels" ou autres
frenchitudes avec Laurent Garnier, Patrick Vidal et Kojak, organisées partout dans Paris pour les
Rendez-vous électroniques ? La techno française était évidemment à l'honneur, comme
sur un marché où l'on vendrait des spécialités du terroir gaulois.
Certains artistes se sont
même trouvés des précurseurs, comme Pierre Henry, qui fournit en
quelque sorte une ascendance à leur musique. Il n'est pourtant pas question de définir
la musique électronique comme une tradition française, encore moins comme un héritage
de nos ancêtres, mais on peut raisonnablement considérer qu'elle fait désormais partie
de notre patrimoine. Nous avons réussi à assimiler cette culture et surtout, nous aimons
la faire partager.
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200 à 250.000 personnes à la Techno
Parade. Les organisateurs cependant pas atteint les 300.000 à 400.000 participants
escomptés..
80 fêtes organisées en
marge de la manifestation.
La pelouse de Reuilly :
"village musical" de 90.000 m2.
Place de la République,
14H : 32 chars contre 40 annoncés. Sans doute à cause des difficultés de financement
(un char coûterait entre 30 000 et 50 000 francs).
Technoparade 2000 : but
affiché, investir les Champs-Elysées.
Les Rendez-vous
électroniques ont été l'occasion d'une première: la rencontre à Paris des
organisateurs de cinq rassemblements festifs comparables (Love Parade de Berlin, Lake
Parade de Genève, Sonar de Barcelone, I Love Techno de Belgique et le Carnaval de Notting
Hill de Londres). Une rencontre au sommet qui pourrait préfigurer à terme ce grand
rassemblement européen espéré depuis plusieurs années par Jack Lang.
Dernier
signe de la reconnaissance acquise en une dizaine d'années par le mouvement techno: la
Bibliothèque nationale de France à Paris accueillera le 25 septembre un colloque sur la
"culture électronique".
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