retour maison         archives.............................fluctuat.net 99

   

 

 

 

James Hardway
C'est du tempo...


Midi. Rendez-vous à l'hôtel de James Hardway. Ou devrais-je dire Dave Harrow, qui sort son troisième album sous cette "appellation contrôlée". A cette heure-ci, je me réveille à peine moi-même et je me demande dans quel état je vais le trouver. Décontracté, en marcel, des fringues éparpillées un peu partout dans cette chambre assez petite qui donne sur la jolie place Dullin des Abesses. Un gros cohiba sur la table. Sourire. Il a trouvé hier une cave à cigare. De quoi se la couler douce jusqu'à la balance pour le concert de ce soir au Batofar. Je branche mon magnéto. Ambiance "spliff-p'tit dej", sans l'un ni l'autre mais l'esprit est là... C'est parti pour une heure de discute, tranquille.

Flu : Il semble qu'il y ait une continuité entre A Positive Sweat et ton album précédent, (Neon Lounge), tant sur le plan musical que sur l'atmosphère et le visuel que tu as créés.

James Hardway : Oui tout à fait. Même si cet album constitue une sorte de point de passage entre les albums précédents et ce que nous allons commencer à faire. La semaine prochaine, je pars enregistrer à Cuba. On a loué un studio pendant deux semaines là-bas.

F: Il y a déjà des influences latin-blues sur A positive Sweat

JH : C'est en cela que cet album est une étape. On a tous envie dans le band d'aller plus à fond dans les rythmes latinos, de nous immerger dans l'ambiance latine, d'explorer le latin feeling.

F : Vous allez travailler avec des musiciens cubains ?

JH : Oui, nous allons enregistrer certains morceaux avec un band cubain de percussions, Mezcla. Ce qui veut dire mélange en cubain. Nous allons surtout travailler les rythmiques avec eux, jouer avec le mélange des percus cubaines et de nos beats plus proches de la drum'n bass et du jazz. Mettre tout ça ensemble. Et en profiter pour faire une cure de havanas.

F : Et au niveau de l'identité visuelle de tes albums, tu vas évoluer aussi vers quelque chose de différent ?

JH : C'est James. James Hardway, la construction d'un personnage. Nous avons gardé le même artiste (Mark McConnell) pour les pochettes de tous les albums de James, et nous allons continuer à créer un contexte cohérent autour de ce "personnage". Cet album, et les deux précédents, forment une sorte de set complet. Avec l'album de remix, ces quatres disques fonctionnent avec leur identité propre. On va partir de cet univers, de cette base, pour aller vers d'autres formes d'exploration.

F : Tu as joué dans pas mal de formations, tu as utilisé de nombreux pseudos, est-ce une manière de montrer différentes choses, de t'affranchir de certaines contraintes?

JH : Ouais... C'est sûr qu'avec James Hardway, les premiers morceaux que j'ai enregistrés ne ressemblaient à rien de ce que j'avais fait jusque là. On me jugeait à l'époque par rapport à ce que j'avais fait avant, par rapport à mon "histoire". Je ne trouvais pas ça vraiment justifié. J'ai inventé ce personnage de James Hardway pour m'affranchir de ça, pour faire un album où mon nom ne figurerait pas et qui serait jugé uniquement sur la musique. La musique pour elle-même et pas pour la hype et toutes ces conneries de biographies. Et ça a marché...

F : Ce jeu avec l'identité, tu le rattaches aussi à l'univers électronique, de la techno aux avatars numériques ?

JH : C'est bon d'avoir plusieurs identités. Tu peux comme ça te donner les moyens de faire le tri dans ce que tu veux faire. La technologie nous permet aujourd'hui de tout mettre dans la musique. Je pense qu'il est bon de se fixer des limites. C'est comme si je choisissais de n'utiliser que quatre couleurs pour composer un tableau. A partir de ces quatre couleurs, tu peux partir dans plein de directions différentes, rencontrer de nouveaux problèmes, découvrir de nouveaux challenges. C'est vraiment comme en peinture, une composition à partir d'éléments "primaires". Avec James, on est un band, ce qui permet de donner à chacune des couleurs, à chacun des instruments, une autonomie qui au bout du compte crée une composition globale.

F : Il y a plus d'instruments sur ton nouvel album que sur les précédents. Est-ce que tu joues toujours avec le quartet ?

JH : Oui, on tourne toujours en quartet. Les autres musiciens nous ont accompagné pour l'enregistrement studio. L'année dernière on a eu un type qui nous a rejoint pour chanter sur scène, mais on retourne vers une formation à quatre. Et je commence à chanter sur certains morceaux... On a tourné pendant huit mois l'année dernière, on aime bien expérimenter des choses et travailler différemment. Mais cette année on va se concentrer sur le studio et faire un peu moins de live.

F : Plusieurs sites web te sont consacrés, tu as l'air assez branché internet, est-ce que tu utilises beaucoup le web ?

JH : Tout le temps. En tournée surtout, je lis mes mails tous les jours. Dans mon studio à Londres, je suis connecté en permanence, directement au serveur de l'immeuble, avec une liaison ultra rapide. La vitesse de connexion est juste derrière celle de Sohonet, qui envoie chaque jour des films masterisés à Hollywood via le web. J'ai vraiment de la chance de bénéficier de cette connexion, ça change la manière d'utiliser le réseau. Du coup, quand je pars en tournée, j'emmène dans notre bus tout le matos pour rester branché : avec mon ordinateur et mon mobile, je peux avoir accès au micro dans le studio. J'ai mon Apple G 3 dans le bus et j'envoie des mix par mail à différents labels ou directement sur mon poste central.

F : Et tu as participé à la création de tes sites ?

JH : J'ai participé à plusieurs sites. Technova, d'abord, c'est mon propre site, que j'ai crée et que je maintiens tout seul. Et il y a le site de Substance, pour lequel je me suis aussi beaucoup impliqué. Quand je suis à Londres, grâce à ma connexion permanente, j'installe une petite webcam dans mon studio et j'envoie ça sur le réseau. Comme ça tout le monde peut m'admirer pendant que je travaille..... :-)

F : Pour le site de Technova, c'est toi qui a fait le graphisme ?

JH : Oui. Tu sais j'ai une formation artistique à la base. J'ai fait une école d'art et j'ai quelques notions de graphisme. Je fais de la musique comme je fais des images, je raisonne en terme de couleurs, de couches, de figures, d'émotions... Les deux approches sont complémentaires et supposent plus ou moins les mêmes procédés créatifs. Si tu peux exprimer des choses en musique, tu peux aussi   concevoir des images qui prolongent cette expression.

F : Je n'ai pas trouvé d'adresse e-mail sur ton site pour t'envoyer un message. Choix délibéré ?

JH : Je dois dire que le site n'a pas été actualisé depuis longtemps. C'est un job à temps plein ! Mais ils m'ont filé une caméra numérique sony (il sort la caméra) pour shooter quelques "scènes" de cette tournée. On va mettre ça sur le site en rentrant.

Web & copyright, projets & label...

 

date de la dernière mise à jour 28/03/00