| Flu : Il semble
qu'il y ait une continuité entre A Positive Sweat et ton album précédent, (Neon
Lounge), tant sur le plan musical que sur l'atmosphère et le visuel que tu as
créés. James Hardway : Oui tout à fait.
Même si cet album constitue une sorte de point de passage entre les albums précédents
et ce que nous allons commencer à faire. La semaine prochaine, je pars enregistrer à
Cuba. On a loué un studio pendant deux semaines là-bas.
F: Il y a déjà des influences
latin-blues sur A positive Sweat
JH : C'est en cela que cet album est une étape. On a tous
envie dans le band d'aller plus à fond dans les rythmes latinos, de nous immerger dans
l'ambiance latine, d'explorer le latin feeling.
F : Vous allez travailler avec des
musiciens cubains ?
JH : Oui, nous allons enregistrer certains morceaux avec
un band cubain de percussions, Mezcla. Ce qui veut dire mélange en cubain. Nous
allons surtout travailler les rythmiques avec eux, jouer avec le mélange des percus
cubaines et de nos beats plus proches de la drum'n bass et du jazz. Mettre tout ça
ensemble. Et en profiter pour faire une cure de havanas.
F : Et au niveau de l'identité visuelle
de tes albums, tu vas évoluer aussi vers quelque chose de différent ?
JH : C'est James. James Hardway, la construction d'un
personnage. Nous avons gardé le même artiste (Mark McConnell) pour les pochettes de tous
les albums de James, et nous allons continuer à créer un contexte cohérent autour de ce
"personnage". Cet album, et les deux précédents, forment une sorte de set
complet. Avec l'album de remix, ces quatres disques fonctionnent avec leur identité
propre. On va partir de cet univers, de cette base, pour aller vers d'autres formes
d'exploration.
F : Tu as joué dans pas mal de
formations, tu as utilisé de nombreux pseudos, est-ce une manière de montrer
différentes choses, de t'affranchir de certaines contraintes?
JH : Ouais... C'est sûr qu'avec James Hardway, les
premiers morceaux que j'ai enregistrés ne ressemblaient à rien de ce que j'avais fait
jusque là. On me jugeait à l'époque par rapport à ce que j'avais fait avant, par
rapport à mon "histoire". Je ne trouvais pas ça vraiment justifié. J'ai
inventé ce personnage de James Hardway pour m'affranchir de ça, pour faire un album où
mon nom ne figurerait pas et qui serait jugé uniquement sur la musique. La musique pour
elle-même et pas pour la hype et toutes ces conneries de biographies. Et ça a marché...
F : Ce jeu avec l'identité, tu le
rattaches aussi à l'univers électronique, de la techno aux avatars numériques ?
JH : C'est bon d'avoir plusieurs identités. Tu peux comme
ça te donner les moyens de faire le tri dans ce que tu veux faire. La technologie nous
permet aujourd'hui de tout mettre dans la musique. Je pense qu'il est bon de se fixer des
limites. C'est comme si je choisissais de n'utiliser que quatre couleurs pour composer un
tableau. A partir de ces quatre couleurs, tu peux partir dans plein de directions
différentes, rencontrer de nouveaux problèmes, découvrir de nouveaux challenges. C'est
vraiment comme en peinture, une composition à partir d'éléments "primaires".
Avec James, on est un band, ce qui permet de donner à chacune des couleurs, à chacun des
instruments, une autonomie qui au bout du compte crée une composition globale.
F : Il y a plus d'instruments sur ton
nouvel album que sur les précédents. Est-ce que tu joues toujours avec le quartet ?
JH : Oui, on tourne toujours en quartet. Les autres
musiciens nous ont accompagné pour l'enregistrement studio. L'année dernière on a eu un
type qui nous a rejoint pour chanter sur scène, mais on retourne vers une formation à
quatre. Et je commence à chanter sur certains morceaux... On a tourné pendant huit mois
l'année dernière, on aime bien expérimenter des choses et travailler différemment.
Mais cette année on va se concentrer sur le studio et faire un peu moins de live.
 
F : Plusieurs sites web te sont
consacrés, tu as l'air assez branché internet, est-ce que tu utilises beaucoup le web ?
JH : Tout le temps. En tournée surtout, je lis mes mails
tous les jours. Dans mon studio à Londres, je suis connecté en permanence, directement
au serveur de l'immeuble, avec une liaison ultra rapide. La vitesse de connexion est juste
derrière celle de Sohonet, qui envoie chaque jour des films masterisés à Hollywood via
le web. J'ai vraiment de la chance de bénéficier de cette connexion, ça change la
manière d'utiliser le réseau. Du coup, quand je pars en tournée, j'emmène dans notre
bus tout le matos pour rester branché : avec mon ordinateur et mon mobile, je peux avoir
accès au micro dans le studio. J'ai mon Apple G 3 dans le bus et j'envoie des mix par
mail à différents labels ou directement sur mon poste central.
F : Et tu as participé à la création de
tes sites ?
JH : J'ai participé à plusieurs sites. Technova, d'abord, c'est mon
propre site, que j'ai crée et que je maintiens tout seul. Et il y a le site de Substance, pour lequel je me
suis aussi beaucoup impliqué. Quand je suis à Londres, grâce à ma connexion
permanente, j'installe une petite webcam dans mon studio et j'envoie ça sur le réseau.
Comme ça tout le monde peut m'admirer pendant que je travaille..... :-)
F : Pour le site de Technova, c'est toi
qui a fait le graphisme ?
JH : Oui. Tu sais j'ai une formation artistique à la
base. J'ai fait une école d'art et j'ai quelques notions de graphisme. Je fais de la
musique comme je fais des images, je raisonne en terme de couleurs, de couches, de
figures, d'émotions... Les deux approches sont complémentaires et supposent plus ou
moins les mêmes procédés créatifs. Si tu peux exprimer des choses en musique, tu peux
aussi concevoir des images qui prolongent cette expression.
F : Je n'ai pas trouvé d'adresse e-mail
sur ton site pour t'envoyer un message. Choix délibéré ?
JH : Je dois dire que le site n'a pas été actualisé
depuis longtemps. C'est un job à temps plein ! Mais ils m'ont filé une caméra
numérique sony (il sort la caméra) pour shooter quelques "scènes" de cette
tournée. On va mettre ça sur le site en rentrant.
Web & copyright,
projets & label...

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