Memphis, dans la
plupart des esprits, est ce bled du Tennessee doù sortit Elvis, roi du
Rockn Roll et du cholestérol réunis. En 1954, Sam Phillips fit découvrir
au monde le Pelvis, en produisant ses premiers morceaux sur Sun Records. Issu du
R&B et jusque là réservé aux artistes noirs, le Rockn Roll entamait sa propre
évolution sous la conduite dun leader blanc. A la même époque, la Jamaïque
dansait sur les succès dOtis Redding et dAretha Franklin,
autres stars de Memphis dont le style influença durablement les artistes de lîle,
occupés à faire évoluer le Rock steady et le Ska vers le reggae.
Foyer du Rock, Memphis fut aussi celui de la Soul
music. Lhistoire est moins connue mais tout aussi décisive pour lévolution
des courants musicaux contemporains. Désigné à lorigine sous le terme de
"Memphis sound", la Soul music établissait une synthèse entre le Blues, la
Folk, le Gospel, le Rockn Roll et le Rythmn blues. Explosive, dansante et
sensuelle, la Soul devint le dénominateur commun des plus grandes stars afro-américaines
et jamaïcaines. De Jimmy Cliff à Stevie Wonder en passant par Tina
Turner, James Brown et Bob Marley, tous se réfèrent à cette culture
initiale, ce son entendu dans lenfance et que chacun adaptera à sa guise.
De Memphis à Kingston, donc, un voyage excitant
attend le voyageur attentif. Clive Hunt, célèbre producteur jamaïcain, sert de
guide à cette exploration géographique, historique et sonore. Il a rassemblé dans cette
compilation tous les standards du genre pour baliser les routes qui mènent de la Soul
vers le Reggae, le Ragga ou la Danse music (voir le livret + bas).
Third World interprète
ainsi un Respect Yourself purement R&B, bien avant dentamer leur
évolution vers le son roots qui fera leur succès. Jack Radics livre un Soul
man de bonne tenue avant que Chaka Demus dynamise, par une tchatche
raggamuffée librement, le classique mais très chiant I betcha didnt know that,
repris depuis par je ne sais plus quel BoysBand (preuve que la Soul a aussi donné
naissance au pire). Pour clôturer cet album, Bobby Keys assure un Dock
of the Bay instrumental, privant ainsi lauditeur de la voix et du sifflement
rêveur dOtis Redding.
Le livret de lalbum, parfaitement documenté
malgré le manque dillustrations, offre une vision synthétique de la généalogie
des morceaux, rappelant notamment les reprises dont ils furent lobjet. David
Bowie, Tina Turner ou encore Sam & Dave participent ainsi à cette
compilation, comme par procuration. Moins drôle, le livret rappelle que Dock of the
Bay fut interprété en 88 par Michael Bolton, qui cartonne régulièrement
dans les charts américains et jamaïcains avec sa voix de bellâtre.
Kzino
NB : pourquoi mettre la
photo de Dillinger sur la pochette du disque
alors quil napparaît pas sur lalbum ? Si cest juste pour
provoquer un achat impulsif chez les fans du soul rasta, cest pas très sympa. |
| LiVret : Knock on wood,
Spanner banner & Scotty; Respect yourself, Third World; I dont want to
be with nobody but you, Ericia Newell; Tired of being alone, Toots and the
Maytals; Soul man, Jack Radics & Red dragon; I betcha didnt know that,
Chaka Demus and Pliers; Ive been lonely for so long, Stingers; I
cant stand the rain, Brian and Tony Gold; Shelter in time of storm,
Richie Stephens; Take me to the river, Tyrone Taylor; Hold on Im coming,
Chalice; You got me hummin, Freddy mc Gregor; Lets stay together,
Junior Tucker; Dock of the bay, Bobby Keys |