Bon, on ne dira pas trop de mal de la dernière livraison dun
des plus beaux joyaux du label ON-U Sound, animé par Adrian Sherwood.
Dabord, ça dissuaderait ceux dentre vous qui ne connaissent pas encore le
syndicat du Dub découter leurs précédents albums, dont les excellentissimes Tunes
from the missing channel et Echomania. Surtout, ce serait montrer beaucoup
dingratitude envers un groupe qui, pour sa première prestation scénique
française, a enflammé lElysée-Montmartre en juin dernier (que ceux qui étaient
passé là après la victoire de la France sur lAfrique du Sud confirment). On avait
découvert ce soir-là le prometteur Emmanuel (une voix planante invoquant
Jahhhh de façon répétitive) et quelques autres bons passages.
Sans cracher sur lalbum, il faut
reconnaître quon reste un peu sur sa faim. Il ny a pas grand chose de
nouveau, doriginal ou de surprenant par rapport à ce que la bande de L.V.Scott
ici épaulée par Big Youth a déjà dubbé.
Les litanies un peu creuses sont
dautant plus regrettables que le mouvement rasta fait preuve par ailleurs de
beaucoup de créativité, au niveau des textes et des instrumentaux, comme le montrent les
derniers albums de PierPolJak ou de Sinsemilia. Les références constantes à un Zion qui ne pourrait être que la terre
promise Ethiopienne et l'invocation persistante du King Heilé Sélassié comme guide
suprême vers cette terre finissent par gonfler. Si Marcus Garvey et les autres pères
fondateurs du mouvement rasta avaient désigné lIslande comme terre promise et
Napoléon comme Dieu des esclaves (je suis sûr quen fouillant bien dans la Bible on
pourrait accréditer ces deux thèses), on verrait les Cégétistes du reggae scotchés
sur la banquise, un bicorne sur la tête.
K. Zino

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