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Dr. Ring-Ding
& H.P Setter

Big t'ings

drrring.gif (14524 octets)

Folie caraïbe + rigueur germanique = Ska explosion !

Du Dub allemand. Ya, du verstest, es gibt Deutsches Dub in die weite welt ! Nous savions tous que cela devait exister, qu’il existait déjà, probablement, quelques gars de Hambourg ou d’ailleurs, moustache de métallo et cheveux sur la nuque, qui devaient triturer leur basse en fumant des cônes le soir au fond des forêts bavaroises. On apprend, à l’écoute de Big t'ings, qu’il existe effectivement des formations reggae outre-Rhin et que les gars sont terriblement bons.

Jusqu’à récemment, Dr. Ring-Ding et H.P Setter accompagnaient divers groupes de reggae, un peu partout dans le monde, le premier comme musicien et chanteur, le second comme arrangeur et producteur. Les deux compères ont décidé de s’associer pour s’éclater ensemble sur un album entier, avec leurs noms en haut de la pochette. Dotés d’un physique qui rappelle davantage les Blues Brothers qu’un duo Bunny Wailer/Burning Spear, Dr. Ring-Ding et H.P Setter assènent un ska puissant qu’on aurait laissé fermenter dans une grande cuve de Dub pendant quelques années. Ska explosion (piste 3) donne une vue assez précise du résultat, qui rappelle les charges cuivrées du One step beyond de Madness. Le Doc et son assistant brassent en fait les multiples influences du monde reggae pour restituer un patchwork syncrétique plutôt jouissif. Des mods anglais aux toasters des Dancehall en passant par les formations ska jamaïcaines et les rude boys du Rock steady, presque tous les courants fusionnent ici dans un Dub super efficace et festif. Originaux et touche-à-tout, les deux bricoleurs ouvrent de multiples voies, comme pour tracer les futurs possibles d’une musique qui a éclaté en de multiples genres et dont chaque continent peut désormais prétendre être un lieu de création valable.

Mr. Smith Lost his fish (piste 4) est une ballade instrumentale dominée par un harmonica fugace. Dans Trombone Sound To the Veterans (piste 5), le groupe rend hommage aux grands joueurs de trombone jamaïcains, sur un raggamuffin en patois. Là, tout devient clair. Ring-Ding et son pote s’inscrivent dans la lignée de Rico, LE maître du reggae instrumental. Je soupçonne même Dr. Ring-Ding de s’être fait offrir un trombone à Noël après avoir entendu les albums de Rico produits par Island dans les années 70Man from Wareika, Africa et Free Gandja. Des singles comme Children of Sanchez ou Take 5 avaient vraiment de quoi dégoûter pour l’éternité un ado bavarois des Oh ! Tannenbaum de son enfance. Il faudra mettre au crédit de Rico cette influence indirecte, comme on crédite Polnareff d’avoir poussé Pascal Obispo à suivre ses pas. 

Plus loin, Free spirit (piste 9) est une superbe mélodie mélancolique où l’orgue raconte une histoire sans parole, à laquelle répond un trombone optimiste. L’auditeur y collera son spleen du moment pour s’offrir un monologue à deux voix. " Tout ça fait pas trop rasta ! " diront les grincheux. Détrompez-vous les gars, y’a aussi !! ça s’appelle Come together et c’est un bon vieux chant de combat bien roots, style " Free up the weed/Free up the weed/All over the world/Sinsemilia ! ".

K.Zino

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