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moclés_
Dreads/deejay/Dub/King Tubby/reggae/Aggrovators/ghetto/riddim/Kingston

The Dreads at
King Tubby’s
1974 - 1977

IF deejay was your trade
(Blood & Fire, 1994)

chanter la mélopée à brûle-pourpoint.

Un Dub vite fait bien fait

La semaine dernière, en présentant le dernier album-témoignage du King, Dub like dirt, on a oublié de mentionner, parmi les anthologies déjà parues, ce IF deejay was your trade. L’erreur méritait d’autant plus d’être réparée que Blood&Fire a remis son site à neuf, comme on range un grenier lors du grand nettoyage de printemps. Superbe page d’accueil en Flash, discographie enrichie de textes et photos classieuses. Même pour ceux dont le boulot est d’être webmestre plutôt que deejay, le résultat est impressionnant, surtout quand on ajoute le son (pour ceux dont le PC permet à la fois de surfer et de lire un CD). Le futur du Dub passe peut-être par un mariage d’amour avec les technologies de l’image.

On n’en était pas encore là lorsque, dans les années 70, Bunny Lee organisait les sessions d’enregistrement au studio de King Tubby, où les deejays étaient priés de chanter vite et bien pour user le moins de bande possible et permettre aux 45 tours de sortir vite. Comme le montre cette compilation de 16 titres, le résultat est à la hauteur de la réputation des artistes présents. C’est d’ailleurs le sens du titre de l’album. Si deejay c’est ton truc … alors tu ne dois pas avoir de problème pour chanter la mélopée à brûle-pourpoint.

Big Joe, I Roy, Little Joe, Tappa Zukie, Jah Stitch, Dr. Alimantado, Dillinger, Prince Jazzbo et Prince Far I font partie de ces toasters rasta pour qui le défi énoncé ressemble à un jeu entre potes. Big Joe, par exemple, reprend le célèbrissime riddim des Abyssinians, Satta Masa Gana, et y ajoute son propre texte. Ça donne In the Ghetto, avec une intro qui reflète parfaitement le ton de l’album.

"Now brother and sister down here in the ghetto where we stay,

we've got a lot of hope down here in the ghetto I would tell you..."

Big Joe organise un dialogue à deux voix en enchaînant son texte aux paroles des Abyssinians, style " There’s a land far far away …./ I know that ! ". Il profite aussi de cette occasion pour saluer ses potes dans tous les quartiers de Kingston, de Greenwich Town à Payne Avenue en passant par Trench Town et Riverton City.

Plus loin, Tappa Zukie délivre une reprise restée fameuse du Guiding Star d’Horace Andy. Intitulée Jah is a guiding star, elle rejoint de nombreuses autres versions au patrimoine mondial des Guiding Stars de l’Humanité.

Autre moment notable, ce duo entre Doctor Alimantado & Jah Stich. Intitulé The barber feel it, il reprend un riddim souvent utilisé chez les Tubby/Lee, Ali Baba. Le morceau figure une guerre entre les barbiers et les rastas. On devine la victoire des seconds sur les premiers grâce au rire de Jah Stich, qui parade dans les rues de Kingston sur la moto de Doctor Alimantado, cherchant des copines et un spliff. Dans un épisode précédent, Tado avait il est vrai tué le barbier, assurant à ses frères la pérennité de leurs dreadlocks.

Sur le morceau suivant, Bury the barber, Jah Stich donne une suite logique à cette aventure. Ironie mordante, Jah Stich sera victime d’une tentative d’assassinat en 1976. Miraculeusement, la balle entra au-dessus de son oreille droite et sortit en-dessous de l’oreille gauche, laissant le deejay vivant. En sortant de l’hôpital, Jah Stich relatera l’histoire sur No dread can’t dead.

C’est encore Jah Stich qu’on entend sur Black harmony Killer, qui reprend Just say who d’Horace Andy, décidément à la fête sur cette compilation. On reprend les mêmes et on recommence avec Greedy Girl, où Jah Stich soutient Horace ‘brother cool as candy’ dans l’idée qu’il faut se méfier de la cupidité de certaines femmes.

LiVreT
Big Joe - 'In the Ghetto'
I Roy - 'War and Friction'
Little Joe - 'Tradition Skank'
Tappa Zukie - 'Jah is I Guiding Star'
Jah Stitch - 'Set up Yourself Dreadlocks'
Dr. Alimantado - 'Chant to Jah'
Dr. Alimantado - 'Mash it Up'
Dr. Alimantado & Jah Stitch - 'The Barber Feel It'
Jah Stitch - 'Bury the Barber'
Jah Stitch - 'Black Harmony Killer'
Jah Stitch - 'Greedy Girl'
Dillinger - 'Regular Girl'
Dillinger - 'Daylight Saving Time'
Prince Jazzbo - 'Gal Boy I Roy'
Prince Jazzbo - 'Good Memories'
Prince Far I - 'Shuffle and Deal'

tub's crown

Un peu plus loin, on retrouve l’impayable Dillinger, vantant les charmes de sa Regular Girl, traînant la voix à la façon d’un chanteur pop sur le refrain. Il poursuit dans une veine plus ragga sur Daylight saving time, reprise d’un vieux tube de John Holt, The clock.

Comme pour Dub like Dirt, les musiciens mobilisés sur les enregistrements sont les Aggrovators, qui comptaient en leur sein des pointures comme Sly & Robbie et Aston ‘Familyman’ Barrett. Leur présence apporte une unité sonore et une qualité de jeu qui confèrent à ce meeting de fous furieux un semblant de cohérence.

Kzino

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date de dernière mise à jour 16/05/00