On connaissait
Richard Dorfmeister, la crème des producteurs viennois, pour son association avec Kruder,
qui donna notamment naissance à une superbe série DJ Kicks. Quelques galettes
stupéfiantes plus tard, Dorfmeister sassocie à un autre autrichien, Rupert Huber,
spécialiste de lallitération sonique. Ils créent Tosca, collectif à deux (!),
entreprise de démolition (?), qui donne à entendre le nouvel air viennois. Un air au
parfum déliquescent, au goût sucré et fondant, souvenir lointain dune Vienne
décadente, fin de siècle, fascinante.
Drum and bass jazzy, funk down-tempo, dub
lancinant, Tosca nous propose un élixir sirupeux dont les vertus curatives sont bien
connues : Opera réveillera votre goût pour la luxure et le stupre, aggravant
encore votre penchant à linsomnie. Des cantatrices aux voix évanescentes viennent
taquiner Puccini outre-tombe, Elvis succombe à une fringale de chocolat numérique.
Lorsque la tentation devient vice
Pas de démonstration, juste un enchaînement
raffiné, précieux déjà par sa sobriété.
Après une nuit de déambulations
urbaines, vous vous jetez sur cet album comme on dévalise la première boulangerie
ouverte, happé irrésistiblement par ses délicieuses effluves. Vous êtes cuit.
Yuri Ganida |