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Cassius
1999
(Virgin) |

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Les
frenchs se touchent |


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Il fallait bien
sattendre à ce que limminence du millenium soit un millésime. Cassius,
nouveau duo frenchy sur la brèche de la mode house, a parfaitement mené à bien son plan
marketing en sortant un disque ultra-promotionné le premier mois de la dernière année
du millénaire, arborant fièrement le titre de 1999, date limite pour
un album qui lest tout autant. Dabord, on
regarde la pochette. Visages de quidams en gros plan, dont lexpression hallucinée
et un peu bébête indique quils assistent à quelque chose de peu commun,
supposition confirmée par un type qui prend une photo pour immortaliser cet instant, quoi
doit être celui de la remise des compteurs à zéro.
Ensuite, on ouvre la pochette afin de savoir qui se cache
derrière ce pseudonyme de consul romain et on découvre quil sagit de Philippe Zdar
et Hubert Boombass (encore des pseudos
à moins quils naient pas
été gâtés par létat civil), dont les adeptes de musique électronique
connaissent sans doute les uvres sur le label MoWax, à
lépoque où nos deux compères home-studistes sappelaient La Funk Mob. Mais finalement, leur curriculum a peu
dimportance. Seule compte lautorité sous laquelle il placent leur musique,
cest à dire celle des Daft Punk, dont le nom apparaît pas moins de
cinq fois en vingt lignes de remerciements. Safficher comme " les potes à
dafpunk ", voire comme leurs disciples, résulte manifestement dune
volonté de sinscrire dans le mouvement techno français afin de vendre un maximum
dalbums outre-Manche et acquérir de cette manière une légitimité sur la scène
électronique mondiale. Certains chroniqueurs sur papier nont dailleurs pas
hésité à ranger la galette parmi les classiques de lannée
à peine une
semaine après sa sortie dans les bacs ! Bref, être labelisé frenchtouch,
cest plutôt le bon plan en terme de ventes et de consensus critique. |
| Enfin, on
écoute lalbum en question. Au début, on entend des trucs samplés genre
" new funk ", " funky music ",
" Cassious in the house ", sur fond de groove électronique. Cela
donne effectivement envie de danser, mais la modernité nest plus ce quelle
était. Les titres senchaînent sans quon puisse vraiment les différencier,
taillés sur mesure pour les clubs et les radios. Mais bien que lon peine quelque
peu à déceler une dose doriginalité ou de recherche sonore dans ce funk abstrait,
on n'en demeure pas moins charmé par le côté festif de leur musique dont les
superpositions de rythmes syncopés et les petites notes aiguës ne laissent pas le corps
et les oreilles indifférents. Après tout, cest tout ce quon leur demande aux
Cassius : poussez des boutons, faites nous danser, mais faites vos preuves avant de
vous autoproclamer centurions du dancefloor. Les clubbers et
autres amateurs de house termineront donc lannée en écoutant 1999, album
quils oublieront certainement en lan 2000 lorsquun autre
" classique " viendra lui damer le pion. Les fins de siècle ne sont
plus ce quelles étaient.
François
Haget |
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