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Philippe Petit
BiP-HOp

[Interview]

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Cela fait une quinzaine d'années que Philippe Petit œuvre pour les musiques aventureuses depuis sa citée phocéenne natale. Responsable de Pandemonium records, structure vouée aux musiques bruitistes et avant-gardistes, il a ouvert au début des années 00 BiP-HOp, une subdivision électronique à part entière. Après un an d'activisme, de soirées, de festivals, une série de compilations impeccables et une poignée d'albums de qualité, la structure est devenue l'une des références sur l'autel des nouveaux courants électroniques. Rencontre avec le responsable d'un des labels les plus prometteurs du paysage electro français.

Flu : Tes motivations ont-elles évoluées depuis la création de BiP-HOp, il y a an ?
P. Petit : Ma principale motivation reste l'envie de partager ma passion pour les musiques ambitieuses, intelligentes et qui vont de l'avant. J'espère encore et toujours être surpris par ce que j'écoute.

Flu : Quel bilan tires-tu de l'année 2001 ?
P. Petit : Personnellement et musicalement, j'ai eu une très bonne année 2001. Par contre, hors de ma bulle, la situation internationale s'est révélée catastrophique.

Flu : Comment gères-tu ton label ?
P. Petit : Le label est une association à but non lucratif. Il n'y a pas de salarié, pour le moment je ne souhaite pas en vivre.

Flu : BiP-HOp est-il un terme allégorique ?
P. Petit : Je trouve que le nom sonne bien, j'aime la symétrie des deux mots. Sachant que Bip est le cri que pousse tout instrument électronique qui souhaite attirer l'attention de l'humain, je trouvais le terme intéressant.

Flu : Y-a-t-il une éthique, un esprit, une philosophie BiP-HOp ?
P. Petit : Tout d'abord, BiP-HOp a l'ambition de créer une banque de documents rendant compte des différentes musiques électroniques expérimentales et minimales. Ensuite, nous tentons d'aider les groupes qui nous plaisent à exprimer leur talent, à faire en sorte que leur musique soit entendue... Leur permettre d'aller de l'avant et de continuer à faire circuler des idées positives. La passion nous motive, nous garde en vie. Nous nous sentons proches des gens qui achètent nos disques (ne partageons-nous d'ailleurs pas la même passion ?!) et essayons de leur proposer des sons de qualité dans de belles pochettes, vendus à un prix honnête.

Flu : Pourrais-tu développer une structure indépendante de culture et de médias à l'image de Caipirinha Productions ?
P. Petit : Je ne suis pas sûr que Caipirinha soit un bon exemple puisque le label était distribué par un réseau Major. C'est d'ailleurs ce qui l'a conduit à sa perte. La mise en place de leurs disques étant très importante, il leur fallait faire une promo énorme avec des achats de pub très importants. Et quand on sait que leurs disques ne se vendaient pas et prenaient la poussière dans les bacs, on se pose forcément des questions.

Flu : Malraux affirmait que " tout style est une conquête sur les œuvres qu'il l'ont précédé ". Quels sont les ascendants du son BiP-HOp ?
P. Petit : J'espère éviter de me retrouver cloisonné dans un "son" typique. Je voudrais vraiment éviter qu'une étiquette soit collée à BiP-HOp, ce qui suggèrerait que chaque disque sorti se ressemble. Je n'ai pas envie de tomber dans une insupportable routine. BiP-HOp sort des disques de musique électronique, qui, je l'espère, sonnent "moderne". On pourrait donc citer des dizaines et des dizaines de noms de compositeurs : Tod Dockstader, Pierre Henry, Louis et Bebe Barron, Kraftwerk, John Cage, Autechre, Steve Reich, Brian Eno, la Techno de Détroit, certaines musiques improvisées, le Punk… J'en passe et des meilleures.

Flu : Quels sont en termes de gestion, de production et de recherche artistique, tes labels de références ?
P. Petit : Aujourd'hui les labels dont je me sens le plus proche artistiquement sont (KraaK)3, 12K, Quatermass, Active Suspension, Carpark, Fällt, Staubgold, Diskono, Lucky Kitchen, Mego, Sirrecords, ou Arbouse Recordings, qui semble promis à un bel avenir.
Je pense que les premiers albums de Warp ou Mille Plateaux furent très importants. Aujourd'hui, malgré les qualités évidentes de certains de leurs disques, je ne me reconnais plus dans leurs productions. Je garde également une grande estime pour Touch, Fat Cat, Sub Rosa et Staalplaat.

Flu : Y-a-t-il une compétition entre les labels pour signer certains artistes ?
P. Petit :Certainement. Beaucoup d'artistes reçoivent plusieurs propositions, bien plus qu'ils ne peuvent en satisfaire. En ce qui me concerne, il n'existe pas de compétition. J'essaie d'entretenir des liens amicaux et honnêtes avec les musiciens avec lesquels je travaille. Ils savent qu'ils peuvent me proposer leur musique quand bon leur semble. Si j'aime, je serai heureux de publier leur travaux et d'étendre notre collaboration.

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