concerts

bacs
music
bazar

             envoyez la musique !

 

 

Site de Ceux qui marchent debout

Site de la fanfare les Boula Matari

Discographie CQMD :

2001
FUNKY STUFF IN A REGGAE STYLE
2000
LALALALALALA
1998
YOUR BODDY
1996
DEBOUT

 

 

 

RadioFlu > CQMD en MP3 et streaming Flash !

interview & mp3's
Ceux Qui Marchent Debout


Fête, funk et fanfare ! Outre les tournées, fiestas, bodegas, festivals et autres ferias de villages, on retrouve Ceux Qui Marchent Debout, anciennement Fils de Crao, compositeurs des bandes originales de "Peut-Être" et "Chacun Cherche Son chat" du réalisateur Cédric Klapisch. Rencontre débridée avec Roufi, l'hélicon du groupe, sur la terrasse panoramique du Glacier à deux pas des locaux de Flu.
Avant de repartir, Roufi se renseigne pour savoir s'il ne pourrait pas venir déverser quelques heures de ska, funk, rock-steady au Glacier. Hope so !

F : Comment les Fils de Crao sont devenus Ceux Qui Marchent Debout ?

CQMD : On a été obligé de changer de nom parce que les "véritables" Fils de Crao, un autre groupe, avaient déposé le nom et ils nous ont menacé de procès. On a essayé de s'appeler Les Fils à Crao, mais ça n'avait pas l'air de leur plaire. Cqmd collait bien parce que notamment le gros caissiste est arrivé à ce moment-là. Dès lors, on jouait tous debout.

F : Est-ce que cela a marqué votre passage de la rue à la scène ?

CQMD : Avec les Fils de Crao, on était uniquement dans la rue. On a dû faire une fois de la scène. On faisait toujours des trucs un peu alterno, des fêtes. CQMd, c'est devenu notre phase professionnelle.

F : Quelles conséquences pour votre son ?

CQMD : Il y a eu beaucoup de changements à cette époque, mais c'est vrai que notre batteur y est pour beaucoup. Il jouait auparavant dans les Corazon Rebelde, les premiers à faire du rock latino. C'est assez marrant d'ailleurs parce qu'ils ont un morceau qui s'appelle Radio Bemba. Il y a pas mal de trucs de Manu Chao qui sont dedans. C'est un type très rigoureux, un minimaliste. À l'époque, on jouait cinquante pour cent ska, cinquante pour cents funk et là avec lui, on est passé à 95 % de funk, parce qu'évidemment, le ska, cela ne l'intéressait pas du tout de faire ça à la grosse-caisse.

F : Comment êtes-vous organisés ?

CQMD : On est tous au sein d'une association, à but non lucratif. Tous les bénéfices des disques sont réinvestis dans la tournée, la promo. À côté, on vit des concerts, et on est intermittents du spectacle.

F : Comment travaillez-vous au quotidien ?

CQMD : On répète peu. On n'aime pas ça. Alors on se motive énormément et on enregistre tout ce qu'on joue. On essaie de composer à plusieurs. C'est très rare que quelqu'un arrive avec un morceau ­ c'est arrivé trois fois. On essaie de composer tous ensemble avec des règles que l'on s'est fixé du genre : un peut imposer son idée s'il veut l'entendre, même si tous les autres sont contre. Le numérique nous a permis ce mode de création, du fait des coûts réduits du md. Sans ça, on serait resté en studio ; mais les studios, ça valait rien. Je trouve que les deux premiers albums ne respirent pas à cause de ça en fait.

F : Le numérique vous a amené vers l'electro, notamment par l'utilisation de boucles dans votre dernier album ?

CQMD : Les boucles, il faut savoir que cela existe dans la musique moderne depuis 25 ans, que l'electro cela a 25 ans, que pour moi Daft Punk c'est de la musique du milieu des années 70. Il y a tout un fromage qui est monté là-dessus ! Mais c'est un montage économique en fait. Ça coûte moins cher, tu paies moins de monde, la fameuse conspiration du tourne-disque !

F : C'est quoi la fameuse conspiration du tourne-disque ?

CQMD : Tu peux payer un dj 5000 francs, ce sera toujours moins cher qu'un groupe, même amateur. Le seul truc que je trouve positif dans cette vague électro, c'est que les gens ont réappris à écouter des morceaux instrumentaux.

F : Jouer James Brown, Ravel, c'est pour réveiller les morceaux ou est-ce un hommage ?

CQMD : On s'est fait plaisir. Nous on fait la musique qu'on aime. On sait qu'on en vendra jamais des brouettes. Ce disque est certainement plus accessible étant donné que ce sont pas mal de reprises, mais le but est avant tout de se faire plaisir. Vendre des disques pour nous n'est pas si important que cela. On vit de la scène. Si on avait besoin de vendre des disques pour vivre, on réagirait certainement autrement.

F : Comment est-ce que vous choisissez telles pistes plutôt que telle autres ?

CQMD : On est en fait d'accord sur certaines musiques de certaines années. Au-delà, il ne faut pas aller gratter, parce si on amène une k7 autre que ce genre de musique dans le camion, on se fait jeter. Moi j'écoute de la variété arabe, y en a d'autres qui écoutent du rock progressif ou du free jazz. Le terreau commun est donc le funk, en gros de 72 à 79. C'est ce qu'il y a sur l'album. C'est assez simple, c'est à peu près la seule musique sur laquelle on soit tous d'accord.

F : Vous avez changé plusieurs fois de production. Pourquoi éviter les majors ?

CQMD : Le premier disque était quasiment auto-produit. Pour le deuxième, on avait été signé par EMI. Ça c'est plutôt mal passé avec eux. C'était le patron d'EMI France qui nous avait signé ; lui c'était un fan. Mais le problème, c'était qu'il ne savait pas quoi faire de nous, parce qu'on n'avait pas de bac. Le premier album était sorti en bac jazz donc cela ne l'intéressait pas. Lui évidemment, il voulait qu'on fasse de la chanson française. Il s'était aperçu qu'on était assez pote avec La Tordue, Les Têtes Raides et il ne comprenait pas pourquoi on embrayait pas derrière eux, dans cette veine chanson française. Il doit être content aujourd'hui parce que le disque est référencé en chanson réaliste.

F : Est-ce que l'itinérance est essentielle au groupe ?

CQMD : C'est ce qui fait tenir un groupe. On passe dix fois plus de temps ensemble, en transports, qu'on en passe à jouer.

F : Les tournées au Moyen-Orient et en Afrique vous ont offert de nouvelles influences dans la musique et les textes ?

CQMD : Pas du tout dans les textes. Pour revenir un peu en arrière, il faut savoir que l'on répétait dans un endroit très politisé, assez radical, qui s'appelait Les Condensateurs. Eux nous regardaient plutôt d'un sale oeil parce qu'on était pas trop dans leur mouvance, vu que nous faisions de la musique assez légère et ouvertement pour en vivre, donc à but lucratif. Tout notre fonctionnement, assez démocratique en interne, nous a radicalisé face à ce genre de critiques. Cela nous a permis d'avoir une réelle éthique. Par rapport aux textes, nous on se sent incapables de résoudre les problèmes du monde en deux couplets trois refrains. Dans le camion, si on se met à discuter de l'éducation nationale ou de la peine de mort, on sait qu'on en a pour une dizaine d'heures, donc on voit pas comment faire deux couplets trois refrains là-dessus.

F : Ça vous a pas empêché de vous engager dans Solidays, dans le projet Tibet Libre aux côtés de Tryo, Bertrand Cantat, Zenzile.

CQMD : Pour le projet Tibet, les types étaient très sympathiques, ils aiment bien ce qu'on fait. Si ça peut aider, tant mieux. Mais bon, est-ce qu'on peut encore politiser la musique ? Le seul texte engagé sur nos albums, c'est va ranger ta chambre !

F : Votre engagement, il est dans la fête, la joie.

CQMD : Promouvoir la fanfare, c'est un truc intéressant. On peut le faire avec peu de chose, en se marrant bien, et en faisant quelque chose d'utile. Je joue toujours dans une troupe amateur dans laquelle j'ai été formé, j'ai appris la musique, les Boula Matari. Cette façon d'apprendre la musique est vraiment intéressante, elle est vivante, elle est le contraire de la sclérose. C'est la manière la plus ouverte de jouer de la musique. La musique, cela doit être avant tout un facteur de liens. Nous, on trouve important d'être tout public. Lors de nos tournées, on aime bien aller dans les écoles. On se débrouille pour tomber après la récré ; c'est de la solidarité inter-cancre en fait. C'est pas un public qui est facile à tenir.

F : Il y a des gens qui viennent vous voir pour vous demander comment se créer une fanfare ?

CQMD : Ouais. On les envoie chier!

F : Quelles sont les ambitions de Ceux qui marchent debout ?

CQMD : On aimerait beaucoup faire une musique de film dans son intégralité. On a plein de morceaux, soit tristes soit mélancoliques, dont on a absolument pas l'usage sur scène donc on les joue pas, on ne les approfondit pas.

F : Une tournée ?

CQMD : La prochaine tournée se fera en Afrique du Sud. On a très envie d'aller aux Etats-Unis. On pense que c'est le pays où on marcherait le mieux. La musique qu'on joue est complètement en accord avec leur culture musicale, aussi bien de fanfares que de funk. On est aussi un facteur de liens, des blancs qui jouent de la musique de noirs. Et puis on aussi envie d'aller au Brésil.

F : Autre ambition dont on retrouve l'ébauche sur votre site internet, une bible du rond-point. Pourquoi ?

CQMD : Parce que quand t'es musicien et que tu traverses la France, il y a des chefs d'oeuvres absolus dans le rond-point ! Des trucs d'une violence rare ! C'est le musée d'art moderne français, et c'est que le début !

F : Qu'est-ce qu'il y a politiquement derrière le rond-point ?

CQMD : Le rond-point c'est l'absence de tout, c'est la fausse ruine de la DDE (direction départementale de l'équipement).

F : Prochaines dates en France ?

CQMD : Pendant quatre jours, du 14 au 17 novembre au Trabendo. On va faire la première du spectacle qui va avec la sortie de cet album, avec les invités. Et donc là, c'est l'occasion de développer ce spectacle, et puis de voir si on peut le faire tourner sur la route pour partir à une quinzaine, histoire de rigoler. En première partie de luxe, les célèbres Pepitas. Puis, trois chanteuses, Nanou du Jim Mirple Memorial, Ounsa Komo, qui est une ancienne de Mad in Paris, et Béa Cheramy, qui était la chanteuse du Cochon club, groupe funk assez mythique, des barjots finis. Il y aura aussi Dadi Toh-Cli, groupe de percus africaines, assez traditionnel ; Hakim Hamadouch, le joueur de luth de Rachid Taha et qui fait aussi le Hakim Hamadouch jazz fusion, l'un des groupes les plus remarquables en free actuellement. Sinsi, notre ingé son qui va jouer un peu de clavier, Bruno, notre ancien trompettiste qui va peut-être revenir définitivement, le scoop ! Sophie, une copine qu'on a rencontré à Vic, qui joue du basson et Benjamin des Fils de Teupu, Superclark international, dj Vitch, dj Touf, El Chino Loco, et enfin Dj Corsica, qui n'enchaîne pas entre les morceaux !

Propos recueillis par Arnaud Contreras

RadioFlu > CQMD en MP3 et streaming Flash !

Réagissez à cette chronique sur le forum de Flu
---


TIBET : http://www.chez.com/hobiben/ND-compile-tibet-libre.htm
Tous ces artistes ont participé bénévolement au Projet Tibet Libre. Rock, jazz, musique éléctroniques, reggae ou traditionnelles ; un parti pris d'éclectisme afin de mieux traduire l'universalité de cette cause et la diversité des gens qui la soutiennent. Les fonds récoltés par l'association Solidarité Tibet à travers la vente de cet album seront utilisés afin de financer plusieurs projets humanitaires notemment dans le secteurs éducatifs et sanitaires en concertation avec le Gouvernement Tibétain en exil et les artistes du projet.

---


édiTARD

Plumes

Mp3

Radio flu

Interviews

Blog

Sudoku

Forum

Courrier